La patinoire olympique de Boulogne-Billancourt est désormais fermée aux 1 200 licenciés en hockey sur glace et en patinage artistique qui la fréquentaient. Soutenue par une partie d'entre eux, une association se bat encore contre sa fermeture.
Mathieu Bossu est hockeyeur, ancien habitué de la patinoire de Boulogne. Licencié à l'ACBB, le club omnisports de la ville, depuis plus de 30 ans, son fils aussi côtoie la glace. La patinoire faisait partie de leur vie. Désormais, le club n'existant plus ce lieu, Matthieu doit faire deux heures de trajet aller-retour pour patiner.
"C'est vraiment un choc quand on passe devant le bâtiment et qu'on se dit ça y est, c'est fermé, qu'on ne pourra plus y rentrer pour jouer au hockey", avoue Mathieu Bossu.
Une réhabilitation trop onéreuse
Inaugurée en 1955, la patinoire olympique a accueilli l'ACBB pendant près de 70 ans. L’équipement, rénové en 2004, a accueilli les plus grands noms du patin à glace. Aujourd'hui, la structure a vieilli et la patinoire est trop énergivore selon la Ville. Début 2024, un audit a été lancé. Les travaux de réhabilitation sur l'ensemble du bâtiment ont été estimés à 8,3 millions d'euros. Trop cher pour la ville de Boulogne.
Pour lutter contre la décision de fermer la patinoire, Yan le Men a créé l'association Patiner à Boulogne qui compte plus de 800 adhérents. "Les barrières sont là pour empêcher le passage et la patinoire est en train d'être vidée de tous ces équipements. On a commencé par essayer de négocier avec la Ville en demandant un moratoire pendant un an pour que ça nous laisse le temps de travailler avec elle pour trouver une solution pérenne et financièrement supportable pour exploiter la patinoire", explique Yan Le Men, président de l'association Patiner à Boulogne.
Un moratoire refusé
Le moratoire a été refusé. L'association a aussi étudié et proposé un budget deux fois moins cher que celui de la Ville comprenant du mécénat. Une proposition inenvisageable pour la mairie. "Leur proposition nécessitait, par exemple, à ce qu'il y a est du mécénat. Et que du mécénat. Que la Ville reçoive une somme de 300 000 euros d'une société privée, très clairement, c'est une proposition qui aurait mis la Ville juridiquement en danger", déclare Baptise Chappotteau, directeur des sports de Boulogne-Billancourt.
Plusieurs dizaines de licenciés n'ont pas retrouvé de club depuis la fermeture du bâtiment. La patinoire sera prochainement transformée en cours de Padel ou terrain de Futsal.