Un étudiant sur dix est victime de bizutage durant ses études secondaires. Des expériences qui se déroulent souvent durant des soirées d'intégration où les comportements échappent à tout contrôle sous prétexte de tradition. Léa Ménard a rassemblé plusieurs témoignages de victimes dans son documentaire "Bizutage : les raisons d'un silence".
En septembre 2013, Claire perd son fils Jocelyn dans des circonstances troublantes alors qu'il venait d'intégrer l'école des Mines. Dix jours après sa rentrée, il décède suite à une chute. Il avait 19 ans. François, son père, décrit "un jeune intelligent, lumineux et très soucieux de développer son réseau d'amis".
Lors de sa toute première soirée d'intégration, Jocelyn boit plus que de raison sous la pression de ses pairs. Une ambiance qui ne plaît pas au jeune garçon qui décide de ne pas se rendre aux autres soirées. La nuit de sa mort, Jocelyn se préparait à se confronter au week-end d'intégration. Il ne pourra jamais s'y rendre.
La police est persuadée qu'il s'agit d'un suicide mais la famille est sceptique. Jocelyn est "tombé d'une fenêtre" censée être scellée. Ses lunettes sont retrouvées dans son sac, cassées. Depuis, sa mère est en quête de la vérité.
Pas la même école mais la même histoire
Charles a lui aussi été victime de bizutage lors d'une soirée d'intégration. Il est emmené dans une forêt et forcé à compléter un parcours du combattant pendant lequel des liquides composés entre autres de cosmétiques et de vinaigre lui sont lancés au visage. Au terme du parcours, Charles perd la vue et ne la retrouve que plusieurs mois après.
Jules se souvient encore avec douleur de ses quatre années à Polytechnique : "J'ai vécu du sexisme, des agressions sexuelles, beaucoup de choses qui m'ont détruit moralement et physiquement".
Mathilde a été bizutée en faculté de médecine en 2008. Lors de son week-end d'intégration, elle aussi doit participer au fameux parcours du combattant tout en buvant continuellement de l'alcool. Pauline était élève à l'école vétérinaire de Maisons-Alfort, elle se souvient encore du traitement qui était réservé aux élèves de première année.
"Bizutage : les raisons d'un silence", un documentaire écrit et réalisé par Léa Ménard, diffusé ce jeudi à 23.00 sur France 3 Paris Île-de-France ou en replay sur france.tv/idf