Installés boulevard Raspail, les taxis protestent toujours contre la réforme à venir de la tarification des remboursements sanitaires. Mais au bout de neuf jours de mobilisation, il devient de plus en dur pour les grévistes de rester mobilisés.
Depuis le 19 mai, les taxis sont en grève pour protester contre la nouvelle tarification du transport sanitaire remboursée par la Sécurité Sociale, réforme qui entamera sérieusement leur chiffre d'affaires selon eux.
Depuis cette date, beaucoup d'entre eux ont décidé de camper boulevard Raspail dans le 14ème arrondissement, à proximité des ministères de la Santé et des Transports, pour faire entendre leurs voix.
Tenir bon
Neuf jours. Neuf jours à dormir dans sa voiture, à se restaurer comme il peut et sans travailler. Neuf jours que Lionel Haddad, taxi parisien, a rejoint le mouvement. Mais aujourd'hui, même si la motivation est toujours là, ces jours de mobilisation sans rentrée d'argent ont mis à mal ses finances personnelles.
"Depuis pas mal de temps, j'avais accumulé une petite cagnotte dédiée à un projet personnel, ainsi que pas mal de pourboires en diverses devises que je vais changer pour réalimenter mon compte bancaire qui est pas mal en souffrance à l'heure actuelle", reconnaît-il. Face à l'urgence financière, Lionel a prévu de reprendre le travail ce mercredi soir.
La lutte peut-elle continuer ?
Pour l'instant, la loi doit toujours entrer en vigueur le 1er octobre prochain, mais certains ont décidé de malgré tout poursuivre la lutte. Des dizaines de taxis ont une nouvelle fois effectué une opération escargot sur le périphérique ce mercredi matin, avant de rejoindre leurs collègues dans le 14ème arrondissement.
Charbel Khachacho fait partie de ces irréductibles décidés à tenir, même s'il avoue avoir ses limites. "La licence plus les frais de mon véhicule me coûte environ 2 300 euros par mois, sans compter les frais annexes, comme l'URSSAF, la TVA et ainsi de suite. Le préavis de grève court jusqu'à dimanche, mais s'il n'est pas repoussé, je vais devoir reprendre le travail lundi car financièrement, je ne pourrais plus tenir."
Hier soir, après deux réunions infructueuses aux ministères du Transport et de la Santé sans avancées concrètes, les représentants des chauffeurs de taxi, mécontents, ont décidé de rester mobilisés jusqu'à leur prochain rendez-vous avec le gouvernement, prévu pour le 11 juin prochain.
Sur les 62 000 taxis en France, 40 000 sont concernés par cette nouvelle tarification contestée.