"Ouvrir l'école aux parents pour la réussite de leurs enfants", voici ce que propose un dispositif offrant à des parents primo-arrivants un espace d'apprentissage de la langue française. Nous sommes allés à la rencontre de certains de ces bénéficiaires lors d'une séance parisienne.
Des mères ou des pères de famille, vietnamiens, ukrainiens ou péruviens. Certains vivent en France depuis des années, d'autres viennent tout juste d'arriver. Mais tous ont en commun de vouloir apprendre la langue afin de mieux suivre leurs enfants, scolarisés dans des établissements français.
Grâce à un dispositif mis en place en 2008, l'OEPRE, "Ouvrir l'école aux parents pour la réussite de leurs enfants", les parents ont droit à quatre heures de cours (deux fois deux heures) par semaine pour apprendre le français qui n'est pas leur langue maternelle.
Mieux parler pour mieux comprendre
L'orthographe est parfois difficile, la prononciation incertaine. Mais tous ont envie de s'impliquer. "J'ai envie de parler mieux, de lire, de m'exprimer mieux devant tout le monde, notamment avec les professeurs", confesse en balbutiant Liz, originaire du Pérou.
Une démarche prouvant leur volonté de mieux suivre leurs enfants scolarisés dans des écoles françaises, selon l'enseignant, Alain Marcuzzi. "Les parents qui fréquentent cet atelier s'impliquent plus à l'école. Ils regardent davantage le carnet de correspondance et n'hésitent pas à aller parler, ensuite, aux enseignants."
Les formations se déroulent dans plus de 400 écoles, collèges et lycées, pendant la semaine et à des horaires permettant d’accueillir le plus grand nombre de parents. Les exercices visent à apprendre le vocabulaire du quotidien pour permettre à ces parents d'origine étrangère de devenir plus autonomes.
Pour Aminata Ndoye, mère de famille originaire de Mauritanie, "Si j'ai envie de sortir, cela me permet de savoir où aller, car je peux lire les panneaux, savoir que la sortie est à tel endroit, qu'il faut passer ici pour faire une correspondance. C'est important parce que mes enfants ne sont pas toujours là pour me guider."
Plus de 1 000 bénéficiaires
Cet enseignement est dispensé en priorité par des enseignants de l’Éducation nationale, notamment ceux exerçant en unité pédagogique pour élèves allophones (personnes dont la langue maternelle est une langue étrangère dans la communauté où elle se trouve) ou par des formateurs possédant une certification Français Langue Etrangère.
Plus de 1 000 personnes suivent ces cours gratuits, dans le cadre d'un dispositif mis en place conjointement par le ministère de l'Intérieur et de l'Éducation Nationale.
Avec Isabelle Dupont.