Virginie Coupérie-Eiffel, fondatrice de la compétition mondiale équestre "Longines Paris Eiffel Jumping", livre avec enthousiasme les coulisses de cet événement qui se déroule du 20 au 22 juin en plein cœur de Paris.
L'évènement a affiché complet dès le mois de février. Comment expliquez-vous cela ?
"Oui, c’est incroyable de voir cet engouement et cette effervescence ! Jamais, en onze ans d'existence, nous n'avions été obligés d'ouvrir une troisième tribune, portant notre capacité à plus de 3 300 places", sourit Virginie Coupérie-Eiffel. "L'effet des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 y a incontestablement contribué. Le nombre d'exposants et de bénévoles a explosé, certains ont même posé des congés pour pouvoir venir. Nous leur sommes reconnaissants. Grâce à toutes ces énergies, près de 10 000 visiteurs pourront déambuler chaque jour gratuitement dans tout le village et admirer pendant une heure, une journée ou toute la durée de l'évènement des chevaux devant la Tour Eiffel", explique-t-elle.
La fondatrice souhaite rapprocher le public et l'équitation. Avec 700 000 licenciés, la Fédération Française Équestre est la troisième fédération sportive de France. De quoi rassurer une partie du grand public qui pense que le cheval reste un monde inaccessible : "Ce sport a beaucoup évolué, c’est une discipline noble et simple à la fois. Dans nos campagnes, les chevaux ont toujours été là, que ce soit pour le travail ou le loisir. Ils incarnent l’élégance et la grâce, ce lien poétique entre le ciel et la terre qui fascine et réunit toutes les générations", dit-elle. Pour illustrer cette ouverture, elle cite Pénélope Leprévost, élevée en banlieue de Rouen, loin des cercles traditionnels et du sérail : "Pourtant, elle est devenue l’une des meilleures cavalières mondiales et a remporté l’or par équipe à Rio en 2016. Son parcours montre que les champions d’aujourd’hui peuvent naître de milieux sociaux tout à fait classiques. L’équitation, c’est aussi un sport résolument mixte et intergénérationnel, filles et garçons, jeunes et moins jeunes concourent côte à côte, avec une parité totale et des dotations identiques à celles des hommes. C’est une discipline profondément équitable, où le mérite l’emporte sur tout."
L’idée est d’associer mon héritage Eiffel transmis par ma mère et la passion équestre de mon père pour rendre ce lien universel
Virginie Coupérie-EiffelFondatrice du Longines Paris Eiffel Jumping
Que symbolise Paris pour un tel évènement ?
"Pour moi, il existe un lien social très fort entre la ville et le cheval, qu’il s’agisse du transport, du travail aux champs ou du rôle historique du cheval dans la guerre. Ce sport incarne des valeurs humaines universelles, devant un obstacle, tous les cavaliers sont égaux aux yeux de leur monture, sans distinction d’âge, d’origine ou de statut. L’équitation reflète cette égalité. C'est d’ailleurs en France, au XVIIᵉ siècle, que les premiers manuels techniques furent rédigés par les écuyers, inscrivant notre patrimoine équestre au patrimoine mondial", rappelle Virginie Coupérie-Eiffel.
Au Champ-de-Mars, transformé en vaste hippodrome urbain, cette compétition devient chaque année le Roland-Garros équestre, où se donnent rendez-vous les plus grands noms de la discipline : "Cette année, Pierre Durand, champion olympique 1988 et invité d’honneur, symbolise parfaitement la transmission de cette passion. Les meilleurs cavaliers et chevaux mondiaux viendront défendre fièrement les couleurs de leur pays. Les Français ne seront pas en reste : Julien Epaillard, Simon Delestre, Kévin Staut, Philippe Rozier et Roger-Yves Bost, médaillés d’or par équipes à Rio, concourront sous les yeux d’un public exalté", précise Virginie Coupérie-Eiffel. Cet équilibre entre champions internationaux et cavaliers tricolores promet un spectacle unique pour les passionnés d'équitation.
Cet évènement est-il l'occasion de conjuguer héritage familial et excellence sportive ?
"Oui, cette compétition est le trait d'union entre mon héritage maternel d’Eiffel et la passion équestre de mon père. La Tour Eiffel, pour moi, symbolise cette conviction que tout est possible. L'associer au monde équestre prolonge cette idée d’audace et de dépassement. Quant au Champ-de-Mars, il est une terre de cavalerie, un ancien hippodrome, un champ militaire, même le peintre Théodore Géricault y est tombé de cheval. Les chevaux sont les gardiens de notre mémoire collective, ils racontent le lien intime avec la terre et la transmission des savoir-faire. Installer ce parcours de sauts sur ce sol chargé d’histoire, c’est offrir à tous le spectacle de l'excellence qui, par-delà les générations, unit l’homme et l’animal dans une même quête d’audace et de beauté. Il met son intelligence et sa force au service du cavalier et il faut le remercier pour ça, il a besoin de reconnaissance, lui qui est heureux des bienfaits qu'il procure", souligne l'organisatrice.
Mais le rôle du cheval ne se limite pas à la performance sportive selon Virginie Coupérie-Eiffel : "Le cheval a un pouvoir de thérapie incroyable, certaines associations ont recours à eux pour soigner des enfants ou des adultes malades. L'animal est dans une compassion totale avec les malades. Ce sont des arbres ou des chats puissance dix. J'ai la sensation que le cheval est sur terre pour faire du bien", conclut-elle en gardant son sourire.