REPORTAGE. Commémorations du 13 novembre, "nous sommes venus pour être en communion", dix ans après les attentats, les Parisiens se rassemblent place de la République

Des milliers de personnes se sont recueillies place de la République, déposant fleurs, bougies et messages en hommage aux 132 victimes, dans une ambiance empreinte d’émotion et de solidarité.

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Des centaines de bougies illuminent le bassin périphérique, des milliers de fleurs sont déposées là, accompagnés de lettres, de témoignages de soutien. Quelques photos rappellent le visage des victimes des attentats du 13 novembre.

Des fleurs, des bougies et des lettres de soutien au pied de la statue de la République. © Jean Forneris France TV

Quentin, 28 ans, un bouquet à la main, est venu observer quelques minutes de silence au pied de la statue de la République. "C'est quelque chose qui aurait pu m'arriver. Je me suis dit que ce soir, ça pouvait être un bel hommage que de sortir et de poser une fleur", souffle Quentin.

"Le 13 novembre, j'étais chez moi et j'étais juste en train de jouer avec des amis. Je me souviens avoir dit à mes amis : 'je crois comprendre qu'il se passe quelque chose de grave à Paris'. Cette soirée-là est restée ancrée dans ma mémoire tout comme les attentats qu'il y a eu à Charlie Hebdo", ajoute-t-il.

"J'avais tout juste sept ans à l'époque. Mais je me rappelle que je voulais regarder le match France/Allemagne et on a appris que malheureusement, il y avait eu ce terrible évènement" , se rappelle Biadony, 22 ans. "Ça m’a marqué et je voulais rendre hommage aux victimes. C’était quand même important pour moi. Je trouve que dix ans, ça reste quand même une date vraiment symbolique", explique le jeune homme.

Une photo déposée près de la statue. © France 3 Paris Île-de-France

Depuis le début de l'après-midi, la place de la République ne désemplit pas. L'émotion est palpable. Un écran géant diffuse les images de l'inauguration du jardin mémoriel au cœur de la capitale en hommage aux 132 victimes qui ont trouvé la mort cette nuit du 13 novembre.

"Nous sommes venus pour faire en sorte d'être en communion en fait avec tous les Parisiens, avec les tous les gens qui ont le souvenir de ce qui s'est passé, il y a 10 ans", explique Sophie, la cinquantaine. "Et puis moi, je trouve que ces attentats ont eu lieu lorsque des gens se sont déplacés pour voir des spectacles. Donc ça a du sens de se déplacer pour venir voir la commémoration et de ne pas la regarder chez soi".

Marc se souvient très nettement cette nuit, il y a dix ans. "On était à Paris dans notre appartement du 18e arrondissement. Moi, je regardais le match de foot France-Allemagne et il y a eu la première explosion assez vite on a su que c'était super grave. Donc, je me rappelle très bien. Et c'est vrai que le lendemain, je me souviens de la place de Clichy qui était absolument déserte. II n'y avait strictement personne. C'était comme dans une guerre. C'était horrible !".

"Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ce qui a été dit tout à l'heure à la télévision, de dire que les Parisiens ont repris leur vie comme avant. C'est faux en fait. Aujourd'hui, pour aller souvent dans des salles de spectacle, je regarde toujours où sont les issues de secours ou même quand je suis dans au cinéma en fait", avoue Sophie.

Autour du bassin de la statue. © Jean Forneris France TV

Dans cette foule silencieuse qui se masse autour de la statue de la république, toutes les générations se croisent. François est venu avec ces deux petites filles, Rose et Marie qui n'étaient pas nées en 2015.

"Je leur explique ce qui s'est passé avec des mots relativement simples. Je fais passer des idées générales. Je ne rentre pas dans le détail. Là, par exemple, on va juste faire le tour de la place de la République pour qu'elles aient une impression, qu'elles aient un visuel sur les mots que j'ai utilisés pour leur parler de ces attentats", explique François.

"C'est important de transmettre ces émotions pour qu'elles perpétuent un peu ce souvenir. Qu'elles soient alertées de ce que la nature humaine est capable de faire et qu'elles soient armées pour faire ce qu'il faut faire pour éviter que ça se reproduise", souligne-t-il.

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