Les députés ont voté ce mercredi la suppression des zones à faibles émissions, qui restreignent la circulation de certains véhicules dans plusieurs agglomérations dont Paris.
Introduite en commission à l'initiative de LR et du RN, la suppression des zones à faibles émissions (ZFE) a été adoptée par 98 voix contre 51, avec celles de l'alliance RN-UDR, de la droite, de LFI et quelques macronistes.
Écologistes et socialistes ont largement voté contre, comme certains députés MoDem et Horizons. Le gouvernement était opposé à la suppression, proposant, sans succès, un compromis.
"C'est une décision grave et dangereuse pour la santé", indique Tony Renucci, directeur général de l'association Respire, à France 3 Paris Île-de-France.
Ce dernier regrette la fin de ce dispositif qui "était une mesure pour améliorer la qualité de l'air, pour répondre à cet impact sanitaire des 40 000 morts par an, aux dizaines de milliers de maladies respiratoires".
Les ZFE critiquées par certains partis
Initiées en 2019 pour limiter les émissions de particules fines, les ZFE sont une mesure emblématique de la loi Climat et résilience du premier quinquennat d'Emmanuel Macron, excluant de leur périmètre certains véhicules très anciens et polluants, identifiés par les vignettes Crit'Air 3 ou plus selon les villes.
Mais leur application est critiquée par de nombreux responsables politiques qui considèrent qu'elles excluent des catégories de la population ne pouvant acheter des véhicules moins polluants.
"Le texte tel qu'il a été défini aujourd'hui est dépassé", a réagi jeudi sur CNews le ministre (LR) des Transports, Philippe Tabarot. Il a appelé à améliorer le dispositif par "des mesures de bon sens (...) qui puissent nous permettre de garder des objectifs nationaux et européens au niveau de la pollution de l'air, mais certainement pas de cette manière et certainement pas en montant les Français contre les Français".
Leur suppression "n'est pas une défaite pour l'écologie, c'est une défaite pour l'écologie punitive et pour tous ceux qui veulent systématiquement taper sur les Français", a abondé sur X la patronne des députés RN Marine Le Pen.
Le groupe LFI a salué une "victoire" contre "un dispositif injuste". "LFI a proposé dès 2022 un moratoire sur les ZFE (...) Il est urgent de planifier nos mobilités en mettant de réels moyens dans des alternatives en transports en commun", a-t-il poursuivi dans un communiqué.
La Fédération des Motards en Colère s'est également félicitée de "cette victoire" car les ZFE "interdisent l’accès aux grandes métropoles et leurs périphéries à celles et ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter des véhicules neufs (supposément 'propres'), même avec les aides de l’État ou des régions, tout en faisant perdre la valeur de revente de leur véhicule."
Quel dispositif viendra remplacer les ZFE ?
La ministre macroniste de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a tenté de faire adopter un compromis, pour sanctuariser le fait que les ZFE ne seraient obligatoires qu'autour de Paris et Lyon, et instaurer toute une batterie d'exceptions à la main des collectivités qui veulent les mettre en place.
"Ce ne sera pas possible de le faire même pour ceux qui le souhaitent", a déploré le ministère dans un communiqué, après le vote de l'Assemblée.
Tony Renucci, de l'association Respire déplore les inconnues qui pèsent désormais sur cette absence de législation. "On supprime un dispositif sans proposer d'autres alternatives. Est-ce que tous les véhicules diesel vont de nouveau circuler sur la route ? Est-ce que la France ne sera plus en conformité avec les directives européennes ? Quel va être l'impact financier et budgétaire pour le pays ? Il y a une zone d'ombre assez importante qui se profile. On a le droit d'être contre, mais que fait-on à la place ? Personne ne s'exprime là-dessus."
C'était une mesure pour améliorer la qualité de l'air, pour répondre à cet impact sanitaire des 40 000 morts par an, des dizaines de milliers de maladies respiratoires. On supprime un dispositif sans proposer d'autres alternatives. Est-ce que tous les véhicules diesel vont de nouveau circuler sur la route ? Est-ce que la France ne sera plus en conformité avec les directives européennes ? Quel va être l'impact financier et budgétaire pour le pays ? Il y a une zone d'ombre assez importante qui se profile.
On a le droit d'être contre, mais que fait-on à la place ? Personne ne s'exprime là-dessus.
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