Des problèmes d'étanchéité ont été constatés sur le casier de la Bassée, en Seine-et-Marne. Un dispositif censé limiter les crues de la Seine mais très contesté par les écologistes. Des travaux complémentaires vont avoir lieu avec à la clé, un gros surcoût.
Rubalises et piquets sont plantés pour délimiter les zones de faiblesse du casier pilote de la Bassée. Au pied de la digue, le sol s'est avéré poreux lors de la mise en eau test en janvier dernier.
"Sur les 8 km de la digue, on a quelques centaines de mètres, pas plus, de secteurs qui sont concernés par cette circulation d'eau trop rapide", explique Baptiste Blanchard, directeur général de Seine Grands Lacs.
Des carottages sont en cours pour analyser la nature du sol qui entoure la digue. Des écoulements anormaux qui inquiètent cette riveraine située juste à côté de l'ouvrage.
"10 millions de mètres cubes, comme le prévoit le projet, remplis en 66 heures : si jamais la digue cède, c'est un tsunami. Pas uniquement pour ma maison mais aussi pour les gens de Châtenay pour tous les gens aux alentours", s'alarme Véronique Stopatto, riveraine et présidente du collectif "À l’eau Bassée".
Des fuites prévisibles pour un militant qui ne croit pas en la viabilité du projet et qui a porté l'affaire en justice.
"Construire des grandes digues comme ça, avec des secteurs sablonneux, l'eau passe à travers. C'est une ineptie de vouloir domestiquer de cette façon un milieu humide qui est vivant et qui montre qu'il ne se laisse pas faire", affirme Jean-François Dupont, vice-président de France Nature Environnement - Seine-et-Marne.
50 millions supplémentaires
Avec des opérations de colmatage, le projet va coûter 168 millions d'euros. C'est 50 millions de plus que prévu. Un petit surcoût selon Seine Grand Lac. L'ouvrage est censé protéger 600 000 personnes en cas de crue de la Seine.
"On est sur un ouvrage assez complexe et en fait, l'ensemble de ces coûts sont à rapporter aux bénéfices qu'on peut avoir. On évite en moyenne 15 millions d'euros de dommages chaque année avec ce projet. C'est l'investissement qui sera rentabilisé", indique Baptiste Blanchard.
Des travaux rectificatifs sont prévus à l'automne. Une deuxième mise en eau test doit avoir lieu près d'un an après l'inauguration du site.
Un reportage de Florie Castaingts et P. Alies.