Coup de poing et coup de pied à la tête : pourquoi un procès pour violences volontaires est requis contre deux policiers ?

Les deux fonctionnaires sont soupçonnés d'avoir violenté un jeune homme lors d'une interpellation en octobre 2021 à Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis. Une scène documentée par "la vidéo d'une citoyenne", met en avant l'avocat du plaignant.

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La vidéo amateur dure une quarantaine de secondes. Quatre ans après l'interpellation d'un homme de 22 ans à Noisy-le-Grand, le parquet de Bobigny a requis vendredi un procès contre deux policiers, pour violences volontaires, annonce ce samedi Me Arié Alimi, l'avocat du plaignant. Les faits remontent au 17 septembre 2021 vers 20h30, alors que des policiers intervenaient pour un attroupement avec tapage, dans la rue.

Le document amateur, diffusé par Le Média, et filmé depuis le balcon d'un immeuble de Noisy-le-Grand, montre deux policiers en train d'interpeller un homme, maintenu à terre. Un troisième fonctionnaire de police arrive alors et lui assène un coup de poing puis un coup de pied au niveau de la tête. Le parquet de Bobigny avait ouvert une enquête pour violences par personnes dépositaires de l'autorité publique, confiée au service de déontologie et de soutien aux effectifs (SDSE) de la préfecture de police.

L'homme interpellé, visé par une plainte pour violences, outrages et menaces de commettre un crime ou un délit, avait été déféré en comparution immédiate et placé en détention provisoire. Il avait ensuite été libéré après la présentation de la vidéo par son avocat. Une incapacité totale de travail (ITT) d'une journée lui avait été délivrée.

"Les premières violences visibles à la vidéo provenaient des policiers"

Selon le récit du jeune homme, l'interpellation était intervenue dans un contexte de tension en lien avec la relaxe d'une autre personne poursuivie pour violences. Pendant leur intervention, les policiers avaient reconnu le jeune homme, déjà connu pour outrage, et décidé de le mettre à l'écart.

Selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP, il s'était énervé et avait frappé les agents, qui ont eu cinq et six jours d'ITT. Mais au regard de la vidéo amateur et des vidéos des caméras de la ville, le SDSE a cependant conclu qu'"aucun danger pour les fonctionnaires de police n'était observé avant l'altercation" et que "les premières violences visibles à la vidéo provenaient des policiers".

"Une fois encore, grâce à la vidéo d'une citoyenne, un homme victime de violences policières et poursuivi par le parquet de Bobigny va peut-être obtenir justice", a réagi auprès de l'AFP Me Arié Alimi.

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