Le 12 septembre 2025, Bilal, 15 ans, aurait subi des violences infligées par la compagnie de sécurisation et d'intervention (CSI) de Seine-Saint-Denis. "L'image que je garde en tête, c'est le visage de mon fils vraiment défiguré et en sang", témoigne sa mère.
C'est un témoignage glaçant que Dounia a accepté de livrer à France 3 Paris Île-de-France. Celui de l'agression de son fils de 15 ans, Bilal, qui aurait été roué de coups et insulté par la compagnie de sécurisation et d'intervention de Seine-Saint-Denis, la CSI 93.
Le 12 septembre, Bilal et un autre homme de 24 ans, qui ne se connaissaient pas, auraient subi des violences, des insultes et des humiliations infligées par les policiers. Le jeune homme de 15 ans se fait interpeller par la CSI 93 en bas de son immeuble. Il prend alors la fuite et se réfugie dans un local à poubelles. Les policiers affirment être intervenus pour une suspicion de rodéo urbain. Selon eux, Bilal aurait tiré au mortier de feu d'artifice et refusé d'obtempérer.
"Défiguré et en sang"
"Il s'est fait vraiment massacrer au niveau du visage et de la tête. Il leur disait d’arrêter, qu’il avait juste 15 ans. Qu’il avait couru juste parce qu’il avait peur", raconte Dounia. Les agents de police auraient alors traîné Bilal, menotté, sur plusieurs mètres, avant d'atteindre le camion de police. Il aurait alors reçu de nombreux coups, portés à la tête et au corps par les agents de la CSI 93.
"L'image que je garde en tête, c'est le visage de mon fils vraiment défiguré et en sang", dit Dounia, avec douleur. Pendant quatre jours, à la suite de l'agression, le jeune homme ne pouvait ni parler ni manger. Depuis les faits, il reste cloîtré dans sa chambre. "Pendant que le jeune Bilal était victime de violence dans le camion, pendant qu'on lui demandait d'imiter des cris d'animaux (...) un des policiers a filmé avec son téléphone portable et a indiqué qu'il allait diffuser la vidéo sur leur groupe", assure Maître Pierre Brunisso, l'avocat du jeune homme.
Demande de dissolution
Face aux critiques, les policiers se défendent. "Quand il y a une interpellation, on laisse faire l’interpellation et on ne vient pas entraver une action de police, et encore moins tirer sur les policiers au mortier", assure Gregory Goupil, du syndicat de police Alliance 93.
Ce n'est pas la première fois que la CSI 93 est sous le feu des critiques. En 2023, plusieurs de ses agents ont été condamnés pour violence en réunion. La Ligue des droits de l'Homme pointe une compagnie "structurellement à la dérive" et demande sa dissolution. La famille de Bilal a déposé plainte.
D'après le reportage d'Elise Ferret et Floriane Olivier, France 3 Paris Île-de-France.