PepsiCo s’apprête à réduire ses commandes de canettes dont la production était sous-traitée à l’usine située en Seine-Saint-Denis, propriété du groupe Suntory, qui commercialise notamment Orangina. De quoi susciter, au sein des salariés, la crainte de "coupes dans le personnel", voire d’une fermeture du site industriel.
Quel avenir pour les 110 salariés en CDI de Suntory Beverage & Food France au centre-ville de La Courneuve ? En activité depuis 55 ans, l’usine fabrique des produits pour les marques commercialisées par l’entreprise française - comme Orangina, Schweppes ou encore Dr Pepper - mais aussi pour PepsiCo, en sous-traitance : Pepsi, 7 Up et Lipton Ice Tea.
Mais la multinationale américaine va arrêter en octobre ses commandes de canettes de Pepsi et de Lipton en Seine-Saint-Denis, "qui représentent 35 % de la production du site" selon le délégué syndical Force ouvrière Youen Le Noxaic. Secrétaire du comité social et économique (CSE), il travaille depuis 10 ans au sein du site, en tant que siropier.
"On craint un désengagement, un retrait progressif de Pepsi. Tous les voyants sont au rouge, il n’y a pas de nouveau marché. L’échéance approche, mais la direction de l’usine refuse de nous donner des informations et des garanties pour que l'activité perdure. Elle semble n’avoir aucune visibilité, c’est étonnant. On pense que les mauvaises nouvelles ne seront annoncées qu’après l’été, par peur d’un mouvement social", déplore Youen Le Noxaic.
Le délégué syndical redoute ainsi des "coupes dans le personnel", avec "de la casse dans les lignes de production et la logistique". "Déjà, depuis près d’un an, les départs sont remplacés par des intérimaires, par des emplois précaires. Le site n’embauche plus", explique-t-il.
Pour "compenser les pertes", Youen Le Noxaic espère "de nouveaux investissements équivalents à un million d’euros" pour permettre à l’usine de produire les marques Schweppes Indian Tonic et Oasis. Ce que les lignes de production de La Courneuve ne permettent pas actuellement, contrairement aux trois autres sites du groupe Suntory en France, à Donnery dans le Loiret, Meyzieu dans le Rhône et Châteauneuf-de-Gadagne dans le Vaucluse.
"Le terrain vaut de l'or"
Contactée, la direction confirme par écrit que les volumes produits pour Pepsi "ont bien été revus à la baisse". Mais elle estime que les produits concernés "représentent moins d’un tiers de la production du site, et non un tiers comme évoqué".
"Cette baisse de volume fait partie des évènements que toute entreprise rencontre régulièrement dans le cadre de ses activités, au même titre que les augmentations de volumes, les pertes et les gains de nouveaux clients. En deux ans, nous avons d’ailleurs gagné deux grandes enseignes de la restauration rapide qui permettent d’ores et déjà d’attribuer de nouveaux volumes à cette usine", déclare la direction.
L’entreprise s’adapte pour gérer ces variations de production
La direction
Elle affirme également que "l’entreprise s’adapte pour gérer ces variations de production et réalloue, dans la mesure du possible, les volumes entre ses sites de production, en fonction de leur niveau de charges et de leurs spécificités". Et d’ajouter qu’elle "travaille à trouver des solutions pour augmenter la charge du site de La Courneuve afin de poursuivre les démarches engagées sur l’efficacité de nos lignes et l’amélioration de la performance industrielle du site".
De son côté, Youen Le Noxaic craint que "l’usine ne soit plus viable si Pepsi poursuit son désengagement", avec le risque d’une fermeture. "Le terrain vaut de l’or", souligne le délégué FO, qui redoute "une logique financière".
Avec Floriane Olivier.