Capteurs, prévisions, application : nager dans la Marne devient possible cet été

Les communes de Joinville-le-Pont et Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne, ouvrent, pour la première fois deux sites de baignades dans la Marne cet été. Pour assurer une nage en toute sérénité, des capteurs ont été installés dans plusieurs endroits qui permettront de prévoir 48h à l'avance la qualité de l'eau.

La dépollution des fleuves et rivières en Île-de-France ouvre de nouveaux horizons aux nageurs. Cet été, de nombreuses communes vont ouvrir des sites de baignade comme à Joinville-le-Pont et Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne.

"Ces communes avaient des sites historiques de baignade en Marne, elles ont demandé à l'intercommunalité de les faire revivre. Pendant des décennies, des milliers de personnes s'y sont baignées sans que ça pose aucun problème à l'époque", explique Olivier Capitanio, président (LR) de l'établissement public territorial Paris Est Marne & Bois qui regroupe 13 communes.

Ce sont les sites du Banc de sable à Joinville-le-Pont et de Charentonneau qui vont rouvrir à partir du 29 juin et ce, jusqu'au dimanche 14 septembre, tous les jours de 10h à 18 heures.

Innovation technologique

Mais la spécificité de ces deux sites réside dans une innovation technologique. Des dizaines de capteurs ont été installés dans plusieurs lieux, notamment dans les égouts, pour mesurer la qualité de l'eau.

"On a mis en place un outil prédictif qui intègre des données sur les réseaux d'assainissement, donc les réseaux d'égouts, la météo, le débit qui nous est communiqué aussi en temps réel. On pense pouvoir annoncer 48 h à l'avance s'il y aura un drapeau vert ou un drapeau rouge. Mais cet outil prédictif ne nous dispensera pas d'analyses quotidiennes avant chaque ouverture d'accord. Parce qu’on n'est jamais trop prudent", poursuit l'édile.

Une application baptisée "A la page by Paris Est Marne et Bois" va être lancée pour réserver un créneau de deux heures. Une participation de 3 euros par personne va également être demandée, cela pour éviter une trop forte affluence, indique l'intercommunalité. Les sites pouvant accueillir au maximum 200 personnes.

Changer la réglementation

Une très bonne nouvelle pour les amateurs de nage en eau libre. "L'eau est un bien commun, ces ouvertures représentent une vraie fenêtre de liberté que l'on attend depuis très longtemps. L'arrêté préfectoral de 1923 avait interdit la baignade dans les fleuves, canaux, cours d'eau, plan d'eau, et notamment la Seine", raconte Pierre Fuzeau, membre des Ourcq Polaires et pionnier en nage libre urbaine.

Selon lui, les efforts pour améliorer la qualité de l'eau permettent désormais une baignade très sécurisée. "Il y a deux grandes pollutions : celles aux métaux lourds et la fameuse Escherichia coli, c'est-à-dire causées par les déjections humaines. Depuis 7 ans, si l'on compte chaque nage des Ourcq Polaires en eau libre, autour de 2500, on n'a quasiment aucune personne malade", poursuit-il.

Mais pourquoi il y a eu si peu de sites accessibles à la baignade en Île-de-France ? À cette question, Pierre Fuzeau répond qu'il existe "une problématique de réglementation où la responsabilité de tout ce qui arrive est attribuée au maire. Dans la plupart des autres pays, c'est la responsabilité de chacun de mesurer le risque qu'il prend".

Désormais, son association lutte pour étendre la baignade à des zones plus larges qui permettraient de pouvoir nager en toute saison, y compris l'hiver pour les plus courageux.

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