"Cela devient très difficile". Les températures élevées mettent les prisons en ébullition

35 °C à l'intérieur du bâtiment, des cellules surpeuplées, les différentes vagues de chaleur rendent les conditions de détention extrêmement difficiles aussi bien pour les détenus que pour le personnel. À la maison d'arrêt de Nantes, les agents font preuve de vigilance malgré des moyens réduits.

Les températures remontent sur l'ensemble du territoire et la région Pays de la Loire n'est pas épargnée puisque les cinq départements sont placés en vigilance orange.

Météo France a même enregistré une maximale à 39,3 °C à Nantes ce mardi 7 juin. Une situation qui pèse sur tout le monde, en particulier le milieu carcéral.

Une surpopulation carcérale

Une surpopulation dans les prisons, ce n'est pas nouveau. En ce moment, à la maison d'arrêt de Nantes, le taux d'occupation atteint les 210 % avec près de "240 matelas au sol", précise William Cozic, délégué FO Justice.

"Il faut imaginer trois à quatre personnes dans une cellule de 10 m²", ajoute la présidente 44 de l'Association Nationale des Visiteurs de Personnes sous main de justice (ANVP), qui rend visite aux détenus au moins deux fois par mois. Selon elle, cette chaleur "entraîne de la violence, de l'agressivité".

Ce sont surtout les maisons d'arrêt qui souffrent car elles sont en surpopulation.

Présidente de la section départementale 44 de l' Association Nationale des Visiteurs de Personnes sous main de justice

Un constat partagé dans d'autres prisons de France, notamment à Carcassonne où le taux d'occupation atteint les 254 %, l'un des plus élevés du pays.

Des conditions difficiles

"Cela devient très difficile pour les personnels mais aussi pour les détenus, la vigilance est accentuée à l'égard des détenus vulnérables", assure William Cozic.

Ce lundi 6 juillet, l'agent pénitentiaire a relevé entre 30 et 35 °C dans le bâtiment en précisant néanmoins que "la chaleur ne s'est pas encore installée et que cela dépend de l'exposition".

Pour les détenus qui ont les moyens, ils peuvent s'acheter des ventilateurs pour leur cellule. Néanmoins, pour les indigents (les détenus qui n'ont pas d'argent), les agents leur distribuent 1,5 l d'eau quotidiennement. Les coins de fraîcheur se font rares dans l'enceinte de la maison d'arrêt, avec des cours de promenade bétonnées et un bâtiment cloisonné qu'il est difficile d'aérer.

Le centre pénitentiaire fait ce qu'il peut, les agents sont très vigilants.

Présidente de la section départementale 44 de l' Association Nationale des Visiteurs de Personnes sous main de justice

Certains détenus ont confié à la présidente de Loire-Atlantique de l'ANVP qu'il faisait plus frais dans les ateliers de travail "à condition de ne pas ouvrir la porte".

En revanche, "pour les personnels, rien de particulier, il n'y a pas de distribution massive d'eau fraîche pour les agents", précise le délégué FO.

Le 26 juin dernier, un détenu de 41 ans a été retrouvé mort dans sa cellule. Malgré le fait que le département était placé en vigilance rouge canicule depuis plusieurs jours, il est difficile d'affirmer, pour le moment, que le prisonnier a été victime de la vague de chaleur.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes exactes de sa mort.

Retrouvez-nous sur nos réseaux sociaux et sur france.tv.

Les JT - Pays de la Loire

Les JT - Pays de la Loire

Voir les replays

Les vidéos du moment

Ce n’est pas votre région ?

Voir l’actualité de toutes les régions