Ce mardi 31 mars, à l'appel des représentants des chauffeurs routiers de la région, se déroule une opération "escargot" sur le périphérique nantais. Une manifestation en réponse à la hausse du prix du carburant et qui perturbe fortement la circulation depuis le début de matinée.
Depuis 6 heures ce mardi matin, la file des camions n'en finit pas sur le périphérique nantais. Au départ du pont de Bellevue, les chauffeurs routiers du département et de la région se mobilisent pour une "opération escargot". Une manifestation de leur colère suite à l'augmentation brutale du prix du carburant.
"L'idée, ce n'est pas de faire un barrage"
Une opération "escargot" qui perturbe plus que d'habitude la circulation autour de Nantes ce 31 mars au matin. Sur le terrain, notre équipe compte une quarantaine de véhicules.
On compte de nombreux ralentissements, notamment à l'est de la cité des Ducs, dans le secteur de Bellevue. Du côté du pont de Cheviré, la circulation semble plus fluide pour l'instant. Ce mardi, vers 9 heures du matin, on compte selon nos informations entre 20 et 30 kilomètres de bouchons.
Des perturbations du trafic routier qui doivent faire grogner les automobilistes, en chemin pour leur travail. Pourtant, Stéphane Cauchy, secrétaire général de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) en Pays de la Loire explique que "l'idée ce n'est pas de faire un barrage. L'objectif, c'est de s'immobiliser sur la voie de droite des deux côtés du périphérique."
Pour les chauffeurs routiers, l'idée est aussi de se montrer et d'échanger avec les gens dans leurs voitures, pour leur expliquer la situation.
Les opérations devraient durer toute la journée. Selon nos informations, aucun blocage ou ralentissement n'est prévu demain mercredi. Les routiers verront pour bloquer Paris, si la situation n'évolue pas dans les prochaines semaines.
"L'augmentation du gazole, nous la prenons en pleine face"
À l'origine de cette colère, la hausse du prix du carburant. Les syndicats, sur l'opération "escargot", dénoncent une hausse de 2 000 euros par mois et par camion. Selon le secrétaire général de l'OTRE des Pays de la Loire, "aujourd'hui on a dénombré plus de 5 000 défaillances d'entreprises". Des problématiques liées notamment à la crise de l'inflation et les crises climatiques.
Au bord de la route, Pascal Bioret, le dirigeant de l'entreprise de transport TBR, basée au Cellier, en Loire-Atlantique, ne veut pas déranger les automobilistes. "On veut pas empêcher les gens d'aller travailler, ce n'est pas notre rôle, déclare-t-il. Mais il faut qu'ils comprennent que tous les gens qui passent là consomment du gazole, comme nous."
Pour lui, au niveau de la trésorerie, les choses commencent à devenir très compliquées. "L'augmentation du gazole, nous la prenons en pleine face. Pour vous donner un ordre d'idée, aujourd'hui nos camions consomment environ 25 l/100, les camions font 1 000 km par jour en moyenne. Avec 50 centimes d'augmentation et les 100 moteurs que j'ai et qui roulent, ça représente 150 000 euros dans la trésorerie. Comment voulez-vous qu'on y arrive ?"
Une aide gouvernementale "pas à la hauteur de la situation"
Face à cette situation, le gouvernement a mis en place un plan de soutien immédiat à l'activité des secteurs économiques les plus touchés pour un coût total estimé à près de 70 millions d'euros sur le mois d'avril 2026.
Ainsi, les TPE et PME du transport routier bénéficieront d'une aide forfaitaire exceptionnelle pour un coût total estimé de 50 millions d'euros. Concrètement, "ils nous proposent 20 centimes par litre sur le mois d'avril", précise Stéphane Cauchy.
La date d'ouverture et les modalités seront précisées ultérieurement.
"On est content que le gouvernement nous fasse des propositions, puisque depuis trois semaines, on n'avait rien", ajoute le secrétaire général.
Malgré les efforts, pour l'Organisation des transporteurs routiers européens, cette enveloppe "ne paraît pas à la hauteur de la gravité de la situation, des difficultés rencontrées par les professionnels concernés".
Dans son communiqué publié le 28 mars, l'organisation compare ce montant avec l'aide développée en 2022 qui s'élevait à 400 millions d'euros, "soit huit fois supérieur". Les syndicats réclament une aide forfaitaire de l'ordre de 1 500 euros par camion et par mois, pour toutes les entreprises du secteur, quelle que soit leur situation.
Sans réponses concrètes sur les modalités de délivrance, l'ORTE précise que "la mobilisation des transporteurs sur l'ensemble du territoire ne peut qu'être maintenue".
Article écrit en collaboration avec Jade Exposito
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