À raison d'une édition tous les deux ans, le salon Historic-Auto réunit tous les amoureux du patrimoine roulant. La cinquième édition se tiendra à Nantes du 27 février au 1ᵉʳ mars. Un événement d'envergure nationale qui a attiré 32 000 visiteurs en 2024 et poursuit sa croissance.
Le saviez-vous ? La Porsche 911, la Citroën 2 CV, la Ford Mustang et la Peugeot 205 figurent au panthéon des véhicules de collection les plus recherchés selon le baromètre 2026 établi par le spécialiste Classic Expert.
Mais la passion pour le patrimoine automobile ne se limite pas à ces icônes, pas plus qu'elle ne concerne uniquement les investisseurs, collectionneurs ou restaurateurs aguerris. Elle touche un public bien plus large, animé par l’envie de retrouver les voitures qui ont accompagné son histoire personnelle ou bercé son enfance.
Et l'engouement dépasse le seul cadre des automobiles. Motos, utilitaires, camions ou encore véhicules de transport collectif suscitent le même attachement. À l'image de cet autobus Chausson, classé monument historique et propriété depuis 1980 de l'ARNO, une association nantaise d'amateurs de véhicules anciens.
Un salon qui monte en puissance
Le succès des nombreux rallyes et salons dédiés aux véhicules anciens est la preuve la plus éclatante de cette passion collective et souvent familiale.
En seulement cinq éditions, l’Historic-Auto s’est hissé parmi les plus grands événements du genre en France. Selon l'un de ses organisateurs, Florian Bompas, il occuperait désormais la troisième place nationale, derrière Rétromobile à Paris et Epoqu’Auto à Lyon.
Les chiffres traduisent cette montée en puissance : le salon, qui avait accueilli 17 000 visiteurs lors de sa première édition, en a attiré 32 000 en 2024. Et cette année, Florian Bompas espère franchir la barre des 35 000, voire davantage.
"Dans un rêve absolu, on atteindrait les 40 000. En tout cas, on y travaille et on est dimensionnés pour cela, avec plus de places de stationnement, une offre de restauration plus importante et des allées élargies".
Pour autant, les organisateurs ne revendiquent pas une course au podium. "Ce qui nous importe, c’est le confort de nos exposants, celui de nos visiteurs et la qualité du contenu", insiste Florian Bompas.
Trois jours pour remonter le temps
Côté contenu, les passionnés auront de quoi assouvir leur curiosité cette année avec un salon qui passe de deux à trois jours, voit sa surface s'étendre de 20 000 à 27 000 m², réunit désormais 330 exposants contre 240 auparavant et investit cinq des six halls du Parc des expositions de Nantes.
Des carrosseries exceptionnelles qui ont fait les grandes heures de l'histoire de l'automobile.
Florian BompasCo-organisateur du salon Historic-Auto
De quoi accueillir une belle palette de véhicules de collection et une riche programmation d'expositions thématiques. Ainsi, un hall sera consacré aux deux-roues, avec des choppers, des scooters, des 103 Peugeot, des MBK ou des Ducati.
Un autre mettra à l'honneur le sport automobile avec des véhicules du Rallye Dakar ou des 24 heures du Mans. Un troisième célébrera les marques françaises.
"Peugeot, Renault, Citroën, des marques encore existantes...", souligne Florian Bompas, "mais aussi des marques disparues, avec des carrosseries exceptionnelles qui ont fait les grandes heures de l'histoire de l'automobile. Et là, on est vraiment dans l'objet d'art".
Après la Citroën Traction Avant en 2024, les organisateurs annoncent cette année un focus sur BMW qui fête ses 110 ans. De nombreux modèles de la marque (voitures anciennes, motos, voitures de sport...) seront réunis pour l'occasion.
À ces expositions thématiques, une trentaine au total, viendront se greffer des stands de professionnels, de clubs et autres associations de passionnés.
Quand la passion devient investissement
Difficile de dresser le profil des visiteurs tant ils viennent de tous horizons : en solo ou en famille, d’ici ou d’ailleurs. On croise bien sûr les nostalgiques des belles mécaniques, venus pour le plaisir des yeux, les collectionneurs chevronnés, qui échangent conseils et bonnes adresses, recherchent une pièce rare ou exposent leur propre véhicule, mais aussi un public d’acheteurs potentiels.
Pour quelques milliers d'euros aujourd'hui, on arrive à trouver un véhicule qui va être roulant.
Florian BompasCo-organisateur du salon Historic-Auto
"On a de plus en plus de gens qui souhaitent acheter un véhicule d'époque...", constate Florian Bompas, "et on a la chance d'avoir un large éventail de prix. Aujourd'hui, une Porsche 911, un Combi, une Coccinelle, ça peut commencer à coûter cher, même une Fiat 500, mais on a aussi plein de véhicules qui restent abordables : la Super 5, la 4L... Pour quelques milliers d'euros aujourd'hui, on arrive à trouver un véhicule qui va être roulant, qu'on va avoir envie de bichonner, qu'on va avoir envie de sortir le week-end quand il fait beau. C'est un achat plaisir".
Un achat plaisir qui peut également revêtir la dimension d’un placement.
"Cela peut constituer une valeur refuge, à la fois financière et morale. Certains se disent : j’ai un peu d’argent, je ne souhaite pas le laisser dormir à la banque, je préfère l’investir dans un véhicule qui me procurera du plaisir de temps en temps. Et je sais que je ne perdrai pas nécessairement à la revente. Bien sûr, il faut intégrer le coût de l’entretien, de l’assurance et du stockage. Mais nous restons avant tout dans un achat passion, un investissement qui fait du bien, autant au portefeuille qu’au moral".
Un savoir-faire qui renaît
Le marché du véhicule de collection est en plein essor et, avec lui, tout un écosystème d’entreprises et d’artisans spécialisés dans le métal, le cuir, le verre ou encore le caoutchouc. Qu’ils s’appuient sur les technologies actuelles, comme l’impression 3D, ou qu’ils travaillent à l’ancienne, entièrement à la main, ces professionnels redonnent vie à des pièces devenues introuvables.
C’est un peu comme les cordonniers : lorsqu’ils disparaissent de nos quartiers, on mesure à quel point ils nous manquent.
Florian BompasCo-organisateur du salon Historic-Auto
"C’est un véritable savoir-faire. Il existe des métiers très spécifiques dans l’automobile : ceux qui façonnent des éléments de carrosserie, ceux qui restaurent le cuir des volants, la garniture des sièges, les tableaux de bord… On peut en être fier. C’est un peu comme les cordonniers : lorsqu’ils disparaissent de nos quartiers, on mesure à quel point ils nous manquent".
Derrière chaque véhicule restauré se cache ainsi une chaîne de compétences rares, parfois discrètes, mais essentielles à la préservation de ce patrimoine roulant. Le salon Historic-Auto en est aussi la vitrine.
Plus d'infos sur le salon Historic-Auto ici
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