"La seule boussole des animaux de Marineland doit être leur bien-être" : le SOS du directeur scientifique du dernier delphinarium de France

Alors que la troisième Conférence des Nations-Unies sur l’Océan (Unoc) se poursuit à Nice, le sort des cétacés du zoo marin antibois Marineland (2 orques et 12 dauphins) n'est toujours pas réglé. Et le temps presse.

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À Antibes (Alpes-Maritimes), il y avait Marineland, ses animaux marins et ses spectacles de cétacés. Devançant leur interdiction fin 2026, le parc a fermé ses portes en début d'année, le 5 janvier, après 55 ans d'exploitation.

Près de Nantes, Planète sauvage est un safari parc sur la faune sauvage, qui comprend une option avec les dauphins, pour une "rencontre d'exception pour tout savoir du travail des soigneurs animaliers".

Martin Böye en est le directeur scientifique. Il est aussi président de l'EAAM (European Association for Aquatic Mammals), fondée en 1972, dont le siège social est situé à Bruxelles, en Belgique.

Attaques idéologiques systématiques

Martin Böye, dans un communiqué, dénonce les attaques idéologiques systématiques dont a été victime Marineland pendant des années.

Malgré les avancées majeures réalisées et permises par les structures zoologiques modernes, celles-ci font l’objet d’un harcèlement constant, mené par des associations jusqu’au-boutistes, dont les prises de position reposent davantage sur une idéologie dogmatique que sur des faits scientifiques.

Martin Böye, président de l’EAAM et directeur scientifique

dans un communiqué de presse

Pour lui, toujours selon le communiqué, "ce harcèlement se traduit par des campagnes de désinformation ciblant les écoles, ainsi que des manifestations peu suivies mais très médiatisées, et une judiciarisation abusive — dont toutes les procédures à ce jour ont été remportées par les établissements visés".

Les animaux nés en captivité mieux protégés que dans la nature

Il explique aussi que les cétacés qui sont accueillis dans des zoos marins européens comme Wikie et Keijo sont nés en captivité. Et ils vivraient plus longtemps que leurs congénères sauvages et grandiraient en meilleure santé car ils sont sous la responsabilité d'équipes expertes. "Et pendant ce temps, on en oublie ceux qui sont en milieu naturel !"

Orque heurté par un bateau en milieu naturel au large de Gibraltar. © LORO PARQUE

Le constat posé par l’Union Internationale pour la conservation de la nature est sans appel : 25% des espèces de cétacés sauvages sont menacées ! Neuf des onze populations d’orques étudiées sur le long terme sont en train de disparaître.

Martin Böye, président de l’EAAM et directeur scientifique

dans un communiqué de presse

La recherche menée en captivité favorise la protection de l’espèce

Le bien-être animal est une science, et les études effectuées dans les zoos marins sont une source précieuse pour les animaux en milieu naturel. "Pendant que les polémiques stériles se multiplient, 10.000 dauphins communs meurent chaque année sur les côtes françaises, piégés dans les filets", poursuit Martin Böye.

Un quart des espèces de cétacés dans le monde est aujourd’hui menacé. Partout dans le monde, les dauphins sont contraints au silence en raison du niveau de bruit que nous imposons dans l’océan.

Martin Böye, président de l’EAAM et directeur scientifique

dans un communiqué de presse

Pour le directeur scientifique, "il est temps de se mobiliser ensemble, sur le terrain, là où cela est réellement utile, là où ces animaux ont besoin de toute notre attention et de nos actions".

Le sanctuaire marin : une fausse bonne idée

"La boussole, la seule, doit être le bien-être des animaux et, pour savoir ce dont ils ont besoin, il n'y a que la science qui peut nous apporter cet éclairage, car on ne protège bien que ce qu'on connaît bien", conclut l'expert.

"Il faut donc leur trouver un autre lieu de vie et cela ne peut être qu'un autre parc -avec des équipes expertes, la garantie de leurs besoins et un modèle économique qui permette de les financer-, pas un sanctuaire marin. Il y en a un en Islande depuis mi-2020 qui accueille deux belugas, mais l'expérience ne serait pas probante avec des animaux trop stressés qui refusent de s'alimenter".

Quel avenir pour les orques Wikie et Keijo ?

"Il est urgent que vous preniez vos responsabilités pour régler cette situation que vous avez vous-même provoquée [et] dont vous serez tenus responsable le moment venu", a dénoncé la direction du parc Marineland la semaine dernière dans un courrier adressé à la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher.

"Il me semble que le parc a une responsabilité de prendre en charge les animaux qui leur ont permis de faire des profits pendant des années. C'est maintenant au parc de nous faire des propositions", a répliqué la ministre, interrogée à Nice, en marge du sommet de l'Onu sur les océans, sur le sort de Wikie (24 ans) et de son fils Keijo (11 ans).

En novembre, Agnès Pannier-Runacher avait refusé que ces orques partent au Japon, et en avril, Madrid a mis son veto à un transfert à Tenerife, dans le seul parc européen équipé.

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