Ce vendredi 29 mai, le comité d’organisation des Alpes 2030 a annoncé que l’ensemble des épreuves du pôle glace serait transféré de Nice vers Lyon, privant ainsi la cité des Aiglons de toute participation aux Jeux olympiques d’hiver de 2030. En réaction, Éric Ciotti a dénoncé un "choix politicien".
C’était attendu depuis le milieu de semaine, c’est désormais officiel : Nice n’accueillera plus les Jeux olympiques d’hiver de 2030. Dans un communiqué publié ce vendredi 29 mai, le Comité d’organisation des Alpes 2030 a annoncé avoir décidé de transférer l’ensemble du pôle glace vers Lyon. Concrètement, toutes les épreuves de hockey sur glace, de patinage artistique, de short-track et de curling devraient désormais se dérouler dans la capitale des Gaules.
Le comité explique que cette décision découle notamment de la position du maire de Nice, Éric Ciotti (UDR), qui refusait d’accueillir les compétitions de hockey sur glace à l’Allianz Riviera. "Les solutions alternatives recherchées", en référence à l’accueil envisagé du patinage artistique, du curling et du hockey féminin au Palais des Expositions, "se sont révélées insatisfaisantes".
Ainsi, la modification du projet initial, conjuguée à "la demande du CIO et des fédérations internationales" de disposer d’un pôle glace unifié, a conduit le comité d’organisation à revoir ses plans et à privilégier la métropole de Lyon. "Cette solution modifie de manière significative le concept initial porté par Alpes 2030, fondé sur un équilibre territorial et un héritage structurant pour les sports de glace", précisent les organisateurs dans ce même communiqué.
"Le COJOP et l’ensemble des parties prenantes le regrettent profondément", précisent-ils, terminant par le fait que "le mouvement sportif exprime sa frustration qu’il n’y ait vraisemblablement plus d’équipement pérenne issu des Jeux pour les sports de glace à Nice".
Eric Ciotti dénonce "un choix politicien" rempli "de manipulation"
Un peu plus tard dans la soirée, Éric Ciotti a répondu au communiqué du comité d’organisation par le sien, regrettant "que les Niçois soient privés de cet événement". Le maire de Nice estime que cette décision relève davantage "d’un choix politicien guidé par la satisfaction de lobbys privés que de considérations techniques ou organisationnelles". Selon lui, l’objectif serait même "de sanctionner les habitants pour le vote qu’ils ont librement exprimé dans les urnes".
Après la victoire de l’OGC Nice face à l’AS Saint-Étienne lors du barrage de Ligue 1, le président de l’Union des Droites Républicaines alliée au Rassemblement National, a vivement dénoncé cette décision à notre micro "Il y a eu de la manipulation, de la mauvaise foi. Cette décision est honteuse, scandaleuse, politicienne, puisqu’on a préféré une ville d’extrême gauche à Nice pour sanctionner les Niçois", a-t-il déclaré.
Néanmoins, Éric Ciotti a souhaité relativiser la décision. "On n’aura pas les Jeux ? Ce n’est pas grave. L’OGC Nice pourra jouer à l’Allianz Riviera, au plus haut niveau du football français, en 2030". L’élu a également annoncé que les fonds initialement prévus pour la création d’une patinoire, d’un pôle médias et pour différentes dépenses d’exploitation liées aux Jeux olympiques seraient finalement réaffectés aux équipements sportifs de proximité.
Il évoque ainsi une enveloppe de 140 millions d’euros destinée "aux clubs amateurs, aux associations sportives, aux jeunes licenciés, aux familles et à l’ensemble des pratiquants niçois". Selon lui, cette "nouvelle trajectoire" permettra d’accélérer la rénovation des équipements existants et de lancer de nouveaux projets structurants pour le territoire, comme la modernisation des piscines, la rénovation de terrains sportifs, l’amélioration des installations de proximité ou encore la création de nouveaux équipements.
Certains membres de l'opposition dénoncent "un gâchis historique"
Les réactions des responsables politiques niçois et régionaux ne se sont pas fait attendre après l’annonce du retrait de Nice de l’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030. Juliette Chesnel-Le Roux, conseillère municipale écologiste, a salué auprès de l’AFP "une très bonne nouvelle", estimant que "ce projet était une absurdité écologique et financièrement intenable pour la ville".
Selon elle, Lyon dispose déjà des infrastructures nécessaires, ce qui limiterait les dépenses publiques. Elle apparaît toutefois relativement isolée dans l’opposition à Éric Ciotti sur cette question. Sur X, Anthony Borré, ancien premier adjoint de l’ex-maire Christian Estrosi et désormais conseiller municipal, a dénoncé "un gâchis historique". Le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier, a quant à lui confié à l’AFP qu’il en "pleurerait".
#Nice06 et la région risque de perdre les JO. Le Maire de Nice invoque (encore) son prédécesseur, le President de la Republique et même indignement le 14 juillet 2016. Il n’y a qu’un responsable à ce fiasco annoncé: son dogmatisme! C’est un gâchis historique. pic.twitter.com/5CRkYeiKVy
— Anthony Borré (@anthony_borre) May 29, 2026
Le Cojop doit présenter le 22 juin au CIO sa carte définitive des sites accueillant des épreuves en 2030, où manque encore la répartition des épreuves de ski alpin ou la localisation des compétitions paralympiques.