"Il y a une rupture d'égalité", enseignants et parents d'élèves mobilisés contre les professeurs non remplacés

Parents d’élèves et professeurs se sont rassemblés ce 21 novembre devant le lycée Arthur Rimbaud, à Istres. Actuellement, quatre enseignants, dont deux de français, sont absents et aucun n’a été remplacé. Une situation alarmante notamment pour les élèves de Première qui passent le bac à la fin de l’année.

Où sont passés les professeurs ? Depuis le mois de septembre, une classe de seconde n’a pas de cours de français. Et depuis la fin des vacances de la Toussaint, ce sont au total trois classes de seconde et une de première qui n’ont pas, ou plus, cours de français, au lycée Arthur Rimbaud à Istres. Une situation jugée "inédite" et "scandaleuse" par Marion Rocher, professeure de Français au lycée Arthur Rimbaud. "Ça met en relief un peu la façon dont l'État français aujourd'hui, et depuis quelques années d'ailleurs, traite l'éducation nationale", dénonce-t-elle. Avant d’interroger :

Comment se fait-il que dans un pays entre guillemets développé, on ne puisse pas mettre un enseignant devant chaque élève ?

Marion Rocher, professeure de Français au lycée Arthur Rimbaud

France 3 Provence Alpes

Des cours en visioconférence

Laurence, maman d’un élève de première, vit "très mal" cette situation. "On supprime un petit peu à mon enfant son droit de penser. Je suis très inquiète parce que c'est un adulte futur pour notre nation."

Qu'est-ce qu'on fait de nos enfants ? Qu'est-ce qu'on veut en faire ? Des êtres non-pensants, sans conscience humaine au profit de l'intelligence artificielle ? Moi, ça me déplaît beaucoup.

Laurence, maman d’un élève de première

France 3 Provence Alpes

Pour pallier le problème, le rectorat a proposé des cours en visioconférence. Marion Rocher dénonce une dégradation de ses conditions de travail. Pour elle, ce dispositif proposé par le rectorat est "un traitement qui laisse entendre qu’il y a des préoccupations beaucoup plus économiques qui prévalent, plutôt que des préoccupations humaines et de projets de société".

Cette mesure de cours en visio a été rejetée en bloc par le corps enseignant et les parents d’élèves. Rachel Veran, représentante syndicale SNEF FSU, déclare qu’il s’agit d’une "atteinte à [leur] métier parce que ça le dénature complètement". "Ce n'est plus du tout humain. Les parents se sont également mobilisés et la seule réponse qu'on a obtenue, 'c'est d’accord, on arrête le dispositif de cours en visio’. Mais on ne vous propose rien à la place", s’indigne-t-elle.

"C'est scandaleux pour l'école de la République"

Tous, s’indignent du fait qu’actuellement, quatre professeurs ne sont toujours pas remplacés dans cet établissement. "C'est scandaleux en réalité parce que c'est l'école de la République, on doit donner les mêmes chances à tout le monde", s’insurge la représentante syndicale. Marion Rocher complète : "Il y a une rupture d'égalité en ce moment qui est assez criante et qui relève bien les aspirations qui ne sont plus les mêmes sur le plan politique actuellement." Pour elle, le traitement de l'éducation nationale qui n'est pas la hauteur de ce qu'il devait être pour l'État français.

De son côté, le rectorat affirme suivre la situation avec la plus grande attention.

Propos recueillis par Arnaud Delayre/FTV

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