Après plusieurs accidents de plongée enregistrés au cours des dernières semaines, la préfecture maritime de Méditerranée tire la sonnette d'alarme : certains plongeurs prennent trop de risques lors des ponts de mai.
Un plongeur de 71 ans décédé le 11 mai en rade de Marseille ; une plongeuse de 64 ans et un trentenaire, tous deux placés en caisson hyperbare après avoir été victimes d'accidents de plongée le 20 avril respectivement à Port-Cros et à Porquerolles, dans le Var. La "saison" des risques en mer a débuté sur le littoral méditerranéen.
Le printemps, une période à haut risque
En matière d'accidents de plongée, "l'accidentologie est à son maximum au printemps" explique la préfecture maritime de Méditerranée. Et particulièrement pendant les ponts du mois de mai. Quand les plongeurs arrivés d'ailleurs "descendent dans le sud" pour quelques jours, tenaillés par l'envie d'effectuer leurs premières plongées en mer de l'année. "C'est à ce moment que tout peut basculer" alertent les autorités.
Pas assez préparés, trop ambitieux à la reprise : pour les plongeurs, c'est au printemps que tout peut basculer.
Préfet maritime de MéditerranéeFrance 3 Provence-Alpes
"Les amateurs veulent plonger le plus possible pendant leur court séjour et ne se ménagent pas suffisamment. Les organismes sortent à peine du ralenti de l'hiver. Et le matériel est resté de longs mois sans vérification" justifie la préfecture maritime. Après l'automne, les plus accros ont effectué quelques plongées en piscine ou en lac. "Mais l'environnement n'est pas le même, ni la conduite à tenir" constate-t-elle.
Et si on remettait la plongée à demain ?
Afin d'éviter tout risque inutile, les autorités n'hésitent plus à inviter les plongeurs à remettre au lendemain une plongée qui ne serait pas parfaitement maîtrisée. Par exemple pour les amateurs qui manqueraient de sommeil, de forme physique, ou qui traverseraient un épisode de stress.
Prévention et recommandations
Afin de minimiser les risques d'accidents de plongée à l'approche de la saison estivale, les services de l'État font de la prévention.
Sport à risque
Les autorités rappellent que "la plongée reste un sport à risques" qui impose de respecter quelques principes de précaution pour se préserver :
- Avant de pratiquer la plongée, il est recommandé d'effectuer une visite médicale et d'apprendre à plonger avec des moniteurs diplomés.
- Avant la sortie en mer, bien préparer sa plongée (météo, conditions de navigation, etc) et vérifier le bon état de son matériel (notamment après avoir été stocké pendant l'hiver)
- Connaître ses capacités et ne pas surestimer sa condition physique, notamment pour une reprise d’activité après plusieurs mois d’arrêt. Au moindre doute, une visite médicale est bienvenue
- Ne pas plonger seul, privilégier la plongée en club. Surveiller son autonomie en air et respecter les procédures de décompression, se signaler en surface et avoir en permanence une personne sur le bateau avec des moyens d'alerte.
- Savoir alerter lorsque survient un imprévu pour une prise en charge médicale rapide en cas de suspicion d’accident de décompression
- Après la plongée, se réhydrater et se reposer.
Témoin d'un accident de plongée : quoi faire ?
Si vous plongez régulièrement, si vous êtes amateurs de balades en mer, si vous fréquentez des littoraux où évoluent des plongeurs, mieux vaut connaître à l'avance les procédures permettant de joindre les secours et de les mobiliser. Que vous soyez victime ou témoin, retenez deux numéros qui peuvent sauver des vies :
- Depuis n'importe quel téléphone, le 196 vous permet de joindre le CROSS MED. C'est LE numéro d'urgence de la mer
- En bateau, le canal 16 de la VHF permet de déclencher les opérations de secours
S’agissant des accidents de plongée, le CROSS évalue le mode opératoire de prise en charge le plus rapide et se met en relation avec le SAMU de coordination médicale maritime (SCMM) à Toulon, qui procède à la régulation médicale pour l'ensemble de la facade méditerranéenne. Le préfet maritime précise que si nécessaire, la victime est dirigée vers un caisson de décompression hyperbare "dans les meilleurs délais pour réduire au maximum les éventuelles conséquences physiologiques et/ou neurologiques".
1853 vies sauvées en 2024
En 2024, la préfecture maritime de la Méditerranée, qui surveille près de 1 900 km de côtes, en lien avec le CROSS MED, a réalisé un total de 4 310 missions de sauvetage et d'assistance en mer, impliquant 10 578 personnes. Ce sont au total 1853 vies qui ont été sauvées, soit une augmentation de 10% en un an.