De nombreux équipages se préparent pour naviguer vers la Palestine, briser le blocus israélien et laisser passer la nourriture. Les initiatives sont différentes, une envie les réunit, avancer vers Gaza en flottille.
Les activistes préparent leurs bateaux en toute discrétion. Ils organisent une flottille humanitaire. Des dizaines de bateaux venus de ports et de pays différents doivent prendre le cap de Gaza. Greta Thunberg a annoncé qu'une opération maritime de grande envergure se préparait.
Quand Greta Thungerg s'exprime le 10 août sur sa volonté de repartir en bateau vers Gaza, c'est toute une organisation qui remonte à la surface. La militante suédoise devrait prendre la mer le 31 août avec l'organisation de Global Sumud Flotilla. Depuis cette annonce, une autre initiative se révèle, prudemment. La préparation Thousand Madleens to Gaza se fait en catimini. Les bateaux veulent arriver nombreux, cette fois, contrairement aux navires solitaires Madleen puis Handala, stoppés par les Israéliens
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"Israël stoppe un bateau ? On en envoie 1 000"
Thousand Madleens to Gaza prépare sa flottille. Le mouvement citoyen ne nous communiquera pas la date de départ de sa flottille mais nous donne une indication "disons que ce sera courant septembre". Les deux derniers bateaux humanitaires, Madleen et Handala, ayant été "confisqués" par l'armée israélienne, des fonds sont collectés pour acheter les prochains. Les dons de plus de 1500 donateurs dépassent les 80.000 euros.
Le mouvement citoyen réunit autour de ce projet entre 400 et 500 personnes, rien qu'en France. "L'État nous a plongés dans un sentiment très fort : le génocide à Gaza, décrit Esther Le Cordier, engagée sur les questions internationales. Descendre dans la rue n'a rien changé. Nous voulons redonner de la puissance politique aux citoyens français, pour stopper ce conflit et la famine."
C'est un coup médiatique et politique, les peuples de partout veulent que cette famine s'arrête. Nous voulons ouvrir un corridor humanitaire pour laisser passer la nourriture.
Esther Le Cordier
Les équipages sont en formation. Ils seront composés de personnalités publiques, avec plusieurs nationalités à bord, de traducteurs, marins, soignants... Personne ne sait encore qui prendra la mer, les volontaires sont nombreux. Tous se doutent qu'ils peuvent être arrêtés par les forces israéliennes. Alors ils sont également formés pour leur sécurité et leur équilibre psychologique.
Petit bateau, grande cause
Les bateaux qui partent à Gaza pourraient être accompagnés, ou salués, le long des côtes. Qui dit flottille dit multitude. L'idée de départ n'a rien à voir avec une parade, l'esprit n'est pas à la fête. L'objectif est de faire bloc autour des bateaux qui navigueront jusqu'à Gaza.
À Marseille, Valérie Bournet vient de perdre sa maison dans l'incendie de l'Estaque, ce qui ne l'empêche pas d’être solidaire. Elle a un "tout petit bateau" mais elle ferait bien un tour jusqu'à Cassis pour saluer ces marins.
Elle va distribuer des messages dans tous les bateaux du port de l'Estaque pour sensibiliser les plaisanciers, "ça sera ma petite pierre à l'édifice". Les organisateurs apprécieraient que les volontaires leur envoient un mail avant toute démarche enthousiaste.
De retour de prison, prêt à repartir à Gaza
Pascal Maurieras était à bord du Madleen au mois de juin. Ingénieur, Marseillais et bon marin, il a été incarcéré le 12 juin pendant 8 jours à Tel Aviv. En 2018, il avait déjà été incarcéré pendant 5 jours, toujours en Israël, après avoir navigué pour la Flotille de la liberté pour Gaza. Apparemment, on ne s'y habitue pas "Physiquement, on a été bien traités, mais psychologiquement... ils venaient nous réveiller sans arrêt. Et quand on leur signalait les punaises de lit, ça les amusait beaucoup. Elles n'étaient peut-être pas arrivées toutes seules."
Dans sa cellule, la fenêtre est très haute, "On ne voyait pas l'extérieur, même en se mettant debout sur les lits". Quand le dôme de fer est activé pour se protéger de l'attaque iranienne, les détenus ne comprennent pas ce qui arrive.
De retour à Marseille, Pascal Maurieras découvre qu'on l'a mis à la retraite plus tôt que prévu. C'est parti pour quelques semaines administratives. Avant de reprendre la mer.
Peut-on rester les bras croisés ? Je me sentirais mal si je ne le faisais pas
Pascal Maurieras
Pascal Maurieras doit ses fortes convictions, à son engagement pour le Parti Communiste. Et le voilà reparti dans un troisième projet de voyage humanitaire vers Gaza. Lieu de départ : confidentiel, date de départ : plutôt septembre. Il a déjà vécu l'expérience "On peut craindre le pire et ça n'est jamais une partie de plaisir".