À Auray dans le Morbihan, l'enregistrement en public de l'émission "La Dernière" de Guillaume Meurice sur Radio Nova était annoncé pour le 16 juin, mais il vient d'être annulé par la nouvelle municipalité. "Je ne sais pas si c'est une décision politique, mais ça y ressemble" dit l'animateur. La mairie réfute toute atteinte à la liberté d'expression
Guillaume Meurice a posté sa vidéo sur les réseaux hier 19 avril.
Dans le cadre d’une tournée d’été programmée de la mi-juin à la mi-juillet, son émission "La Dernière" diffusée sur Radio Nova devait être enregistrée en public le 16 juin à Auray. Mais elle a finalement été déprogrammée.
"On avait calé ça avec la mairie, mais depuis il y a eu les élections municipales, et la ville est passée à droite, explique-t-il au micro. Et on nous a dit "Bah non, il est hors de question que l'émission vienne chez nous".
Guillaume Meurice : "Je ne sais pas si c’est une décision politique, mais ça y ressemble"
Joint au téléphone, Guillaume Meurice explique que s’il a déjà connu des mésaventures dans sa carrière "avec son éviction de France Inter notamment ou une déprogrammation pour l’un de ses spectacles en Belgique, officiellement pour risques à l’ordre public", il avait été épargné depuis son arrivée sur Radio Nova.
"On a été très surpris. Auray, c’était la première des 9 dates de notre petit Tour de France. Et on a reçu un mail il y a quelques jours pour nous dire qu’on ne viendrait pas. Mais sans réelle justification de la décision".
"Je ne sais pas ce qui leur pose problème, si c’est ou pas une décision politique, mais ça y ressemble. C’est symptomatique de l’époque, du climat ambiant. À un an de la présidentielle, l’ambiance se tend un peu, et je ne pense pas que cela va aller en s’arrangeant."
"On a une clause dans le contrat qui stipule que s’il n’est pas honoré, c’est 10 000 euros. Ils nous ont dit, on paye, mais vous ne viendrez pas. C’est aussi simple que cela. On ne comprend pas."
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"Profondément incompréhensible, injustifiable et inquiétant", dénonce la gauche
L’incompréhension de Guillaume Meurice et de l’équipe de Radio Nova a été relayée sur les réseaux par le collectif "Auray, citoyenne et solidaire" de l'ancienne maire divers gauche Claire Masson.
"Nous apprenons que la nouvelle équipe municipale a fait le choix d’annuler purement et simplement cet événement, préférant payer une pénalité de 10 000 € d’argent public plutôt que de maintenir une manifestation culturelle accessible à tous. Une performance budgétaire assez rare : réussir à dépenser deux fois plus pour ne rien faire".
"Ce choix est incompréhensible, injustifiable et profondément inquiétant. Faut-il comprendre que certaines expressions culturelles ne trouvent plus leur place à Auray ? Que l’humour, l’information et la liberté de ton dérangent au point d’être écartés ? Ou bien que rire devient une activité à autorisation préalable ?"
"La participation financière de la ville aurait dépassé les 10.000 euros". La nouvelle maire réfute toute atteinte à la liberté d’expression
Dans un communiqué, la nouvelle maire de centre droit confirme que "la Ville devra effectivement payer une indemnité de 10 000 euros suite à l’annulation de cet évènement", mais réfute "toute atteinte à la liberté d’expression".
"La nouvelle équipe municipale s'étonne des conditions de signature de l’engagement" auprès de l’équipe de Radio Nova, explique Françoise Naël. "La convention a été signée le vendredi 20 mars, soit au dernier jour de la mandature précédente, et le dossier n'a fait l'objet d'aucune transmission de la part de l'ancienne équipe lors de la passation."
"Cette pratique d'un engagement de "dernière minute" nous interpelle alors que d'autres dossiers comme le feu d'artifice du 14 juillet n'avaient pas été signés, laissant l’équipe suivante prendre la décision, ce qui était raisonnable et responsable."
Dans la convention, ajoute la maire d'Auray, "il est précisé que la ville devait payer 5000 euros HT à Radio Nova. Mais il convient de rajouter à cette somme la valorisation de toute la logistique municipale et les frais entraînés par un très lourd cahier des charges. La participation financière de la Ville dans sa globalité aurait été bien au-delà de 5000 euros, et même des 10.000 euros de pénalités".
La mairie évoque aussi "des travaux sur le parvis d'Athéna" retenu pour l'enregistrement de l'émission, "une solution de repli en intérieur insuffisante pour une jauge de 2000 personnes", et un mois de juin "déjà bien chargé en événements", en termes de "logistique et de sécurité". Avant de réfuter une nouvelle fois "toute censure".
Guillaume Meurice à la recherche d'un plan B pour le 16 juin
À Auray, la polémique n’est évidemment pas près de s’éteindre. Quant à Guillaume Meurice, il cherche une nouvelle ville en Bretagne pour accueillir l'enregistrement de son émission le 16 juin. "Une ville de moins de 50 000 habitants, précise-t-il. Pour un évènement qui doit être gratuit, et en plein air".