La commission d'enquête publique a rendu un avis favorable et sans réserve sur le projet de requalification des mails d'Orléans porté depuis 2022 par Orléans Métropole et son président Serge Grouard. Celui qui est aussi maire d'Orléans ne cache pas sa joie, ni son amertume à l'encontre de "certains élus de la métropole qui ont voulu faire peur aux gens".
Le président de la métropole d'Orléans, Serge Grouard, a réuni la presse ce vendredi 6 juin pour faire un point sur le projet de requalification des mails d'Orléans, à l'issue de l'avis favorable rendu par la commission d'enquête publique. "Dans les services de la ville et de la métropole, on se réjouit de cet avis positif sans réserve. Il est rare qu'effectivement il n'y ait pas de réserves ou de recommandations, ce qui signifie la qualité du projet qui est proposé. Ce qui signifie également la qualité du travail qui a été fait", a lâché en introduction le maire d'Orléans, qui ne cache pas sa grande satisfaction.
Un projet dans les clous depuis 2022
Depuis 2022, Serge Grouard porte haut et fort le projet de requalification des grands boulevards (ou mails) d'Orléans, qui depuis les années 60 sont devenus des routes urbaines, plus vraiment dans l'air du temps. En lieu et place des actuels aménagements, le projet prévoit une ceinture verte autour du centre historique, créant des espaces revégétalisés où piétons et mobilités douces remplaceraient le flot de 40 000 véhicules qui parcourent chaque jour cet axe autour du centre historique.
Sur les images qui avaient été présentées par le cabinet chargé des études, les stationnements aériens et les tunnels (ou trémies) sont remplacés par des promenades et parcs. Les voies réservées aux voitures sont réduites au profit des cyclistes, des piétons et de la végétation. Un projet qui nécessite la destruction des trémies, ces voies souterraines qui permettent le croisement entre les trams et les voitures, mais aussi la requalification du centre commercial Place d'Arc, construit il y a plus de 30 ans. Son parvis surélevé sera supprimé, sa façade repensée et son rez-de-chaussée, aujourd'hui occupé par un arrêt de tram et le centre-bus, transformé en surfaces commerciales. Un parking souterrain doit également être créé dans l'actuelle trémie Jaurès, pour compenser la suppression des stationnements aériens.
Un avis favorable malgré des oppositions
L'avis favorable de la commission d'enquête publique, sans aucune réserve, a cependant surpris les réfractaires, notamment les élus d'opposition, car le projet est loin de faire l'unanimité au sein de la métropole. Lors des conseils municipaux, seule Orléans, parmi toutes les communes de l'agglo, avait émis un avis favorable. Et au cours de l'enquête publique, 17 des 22 maires du conseil métropolitain avaient transmis une lettre au commissaire-enquêteur afin de demander le report du projet.
Serge Grouard affirme par ailleurs avoir reçu jeudi 5 juin, une lettre du groupe d'opposition "Pour une métropole en commun" et se dit "surpris voire choqué de lire ce que certains avaient pu faire comme commentaires, mettant en doute le travail et l'objectivité des commissaires enquêteurs." Il dénonce une volonté de l'opposition de "désinformer" et de "faire peur aux gens", " rappelant que "l'enquête est constituée sous l'autorité du tribunal, en l'occurrence du tribunal administratif."
C'est être quelque part mauvais perdant que de remettre en cause ce travail, et qui plus est ce n'est pas correct quand on est élu. Il y a un certain nombre de choses à respecter.
Serge Grouard - Président d'Orléans Métropole
Conforté dans son projet, même s'il reconnaît que "très peu de gens se sont exprimés dans cette enquête publique" où seulement 381 citoyens de la métropole sont intervenus, Serge Grouard a donc énuméré tour à tour quelques passages des conclusions qui font l'éloge de ce réaménagement urbain. Il cite entre autres une requalification jugée "opportune" et qui "répond aux objectifs fixés", la nécessité de "réaménager ces mails qui sont d'un autre temps et qui font la part belle aux voitures et au béton" et "l'impact positif sur l'environnement et la santé."
Le coût du projet
Sur le coût, là encore, le maire d'Orléans tient à remettre les pendules à l'heure "Il a été dit tout et n'importe quoi. Il a été dit que ça atteindrait le coût de l'Arena qui est de 170 millions d'euros. Certains de la métropole ont voulu faire peur aux gens, il y a eu une tentative de faire annuler le projet, et ça a fait flop".
Dans le détail, il dresse la facture comme suit :
- Place d'Arc : 29 millions d'euros au total dont 7 millions apportés par Carrefour-Carmila pour la requalification du parvis. Par ailleurs, Carrefour prévoit également de requalifier l'intérieur du magasin pour 40 millions d'euros.
- Parking Jaurès : 23 millions d'euros pour créer un parking souterrain en lieu et place de l'actuelle trémie. "Un parking nécessaire quoi qu'il arrive pour l'université puisque le projet de création d'un parking sous le futur campus de médecine Madeleine a été abandonné, jugé "trop enclavé, notamment sur les accès." Le parking Jaurès a cependant été revu à la baisse : 300 places au lieu des 500 du projet initial. "C'est un étage de moins, donc une réduction des coûts".
- Réaménagement routier et paysager des mails : 23 millions d'euros.
Soit un total de 69 millions d'euros apportés par la métropole qui seront étalés sur cinq années budgétaires. "Si je pensais une seule seconde que ce projet est dangereux pour nos finances, évidemment que je ne l'engagerais pas", a argué Serge Grouard, s'appuyant encore une fois sur l'avis rendu par la commission d'enquête qui a conclu que le projet était " à la portée de la métropole sans obérer d'autres possibilités d'investissements lourds."
Un calendrier inchangé
Place désormais au calendrier dont la prochaine étape est le conseil métropolitain du 19 juin, au cours duquel sera voté l'un des pans du chantier : le projet urbain partenarial avec Carrefour-Carmila. La préfecture devra ensuite, dans les mois à venir, signer un arrêté préfectoral d'autorisation environnementale. Viendra dans un troisième temps le vote du projet en conseil métropolitain.
Les travaux, eux, devraient débuter à l'été 2026 avec la destruction de la passerelle Place D'Arc. Suivi à l'été 2027 du changement de rails pour faire passer le tram directement de la rue de Paris à la rue de la République. Le reste du projet (nouveau parking et réhabilitation des mails) s'étalera jusqu'en 2030 selon un calendrier qui n'a pas encore été fixé.