L'État a été condamné mercredi 4 juin 2025 pour "faute lourde" à verser 27.000 euros au titre du préjudice moral à la famille de Nathalie Debaillie, assassinée par son ex-conjoint, à Lille en mai 2019, contre lequel elle avait déposé trois mains courantes et une plainte. Sa famille a annoncé ce jeudi 5 juin, son intention de faire appel de cette décision jugée "insuffisante".
"On veut que ça aille beaucoup plus loin pour sauver d'autres femmes", confie ce jeudi 5 juin sur franceinfo Nicolas Debaillie, qui annonce que sa famille a l'intention de faire appel de la condamnation de l'État pour "faute lourde", après le meurtre de sa sœur par son ex-conjoint, en mai 2019, à Lille.
La famille juge, selon lui, "insuffisante" la condamnation pour faute lourde de l'État, lequel a été condamné mercredi 4 juin 2025 à verser 27 000 euros au titre du préjudice moral à la famille de la victime.
"Ça peut paraître paradoxal puisque cette décision est vécue comme une victoire pour nous et c'est vrai que ç'en est une, c'est une avancée", admet le frère de la victime. Mais "on ne peut pas accepter cette décision en l'état, ce ne serait pas honnête par rapport à notre combat", affirme-t-il toutefois.
Le frère de Nathalie Debaillie "n'accepte pas" que le tribunal ait estimé que sans la faute grave de l'État, Nathalie Debaillie aurait eu tout de même 50% de chances d'être assassinée, en raison notamment de la "détermination" de son ex-conjoint.
On dit à nous et donc à toutes les femmes qui se présentent dans un commissariat : si le mec veut vraiment vous tuer, il y a une chance sur deux qu'il y arrive, on ne peut rien faire
dénonce Nicolas Debaillie, frère de Nathalie
"Le tribunal s'est saisi de l'argumentaire insupportable du procureur", estime Nicolas Debaillie. "On dit à nous et donc à toutes les femmes qui se présentent dans un commissariat : 'si le mec veut vraiment vous tuer il y a une chance sur deux qu'il y arrive, on ne peut rien faire'", dénonce-t-il. Enfin, la décision "n'apporte pas de réponse à toutes les questions" posées par la famille, "et notamment, pourquoi ils ont refusé de protéger" Nathalie, estime son frère.
L'avocate de la famille, Me Isabelle Steyer, avait, à l'audience, réclamé des sommes bien plus élevées (200 000 euros pour chacun des enfants et 100 000 euros pour le frère et pour l'ex-mari).
Avec AFP