Saisie record de 800 bovins retirés pour mauvais traitement et négligence, l'exploitant va être entendu

L'ensemble du cheptel bovin d'une exploitation agricole de Haut-Lieu (Nord), soit 786 têtes de bétail, a été saisi en raison de "graves non-conformités aux règles de bien-être animal" dans cette ferme, annonce vendredi le parquet d'Avesnes-sur-Helpe. Le mis en cause doit être entendu par les enquêteurs.

Une saisie colossale, au terme de près d’une année d’enquête. Dans un communiqué de presse rendu public ce vendredi 21 novembre 2025, le procureur de la République d’Avesnes-sur-Helpe confirme qu’une opération de saisie de l’ensemble du cheptel bovin d’une exploitation agricole de l’Avesnois a été réalisée cette semaine.

Depuis lundi 17 novembre 2025, plus d'une quarantaine de gendarmes ont sécurisé le périmètre autour d’un établissement agricole de Haut-Lieu (Nord).

Aux termes des premières investigations, il était mis en évidence de manière très récurrente de graves non conformités aux règles de bien-être animal, l’absence de soins donnés aux animaux malades ou blessés et leurs mauvaises conditions de détention et une opération de saisie de l’ensemble du cheptel bovin d’une exploitation située à Haut-Lieu était organisée.

Laurent Dumaine, procureur de la République d'Avesnes-sur-Helpe

786 animaux saisis

Au total, 786 bovins ont été saisis par des agents de la DDPP du Nord, la direction départementale de la protection des populations, avec le concours de deux vétérinaires et de 15 agents de l'Oeuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir (Oaba), une association reconnue d'utilité publique.

Une saisie record, qui intervient après un long travail mené par les enquêteurs. En décembre 2024, le parquet d'Avesnes-sur-Helpe ouvrait une enquête pour mauvais traitement envers les animaux, sévices graves ou actes de cruauté envers des animaux ayant entraîné leur mort, ou encore suppression ou altération des éléments d'identification des animaux.

“Non-conformité aux règles de bien-être animal”

Au terme des premières investigations, les enquêteurs ont mis en évidence “de manière très récurrente de graves non-conformités aux règles de bien-être animal”, indique le procureur de la République.

Il prend pour exemple les “moyens utilisés pour mettre à mort les animaux”. Laurent Dumaine pointe également du doigt “l’absence de soins donnés aux animaux malades ou blessés et leurs mauvaises conditions de détention”.

Selon nos informations, des bêtes malades auraient été pendues par une sangle à un élévateur dans l'optique de leur donner la mort, d'autres vivaient dans plusieurs dizaines de centimètres de boue.

Les enquêteurs ont par ailleurs découvert que la très grande majorité des bêtes saisies “était infectée par une rhinotrachéite infectieuse bovine”. Une infection non transmissible à l’homme mais rendant obligatoire l’accomplissement d’actes vétérinaires “non réalisés” par l’exploitant malgré les “nombreux rappels”, indique le parquet.

Les deux mis en cause, un père né en 1957 et son fils né en 1983, doivent de nouveau être entendus, les investigations se poursuivent.

"Ces animaux-là n’auront pas d’autre destination que l’abattoir"

Joint par téléphone, l'adjoint au directeur de l'Œuvre d'assistance aux bêtes d'abattoir (OABA) vient de rentrer après avoir passé 4 jours sur place, le temps de l'opération. Quinze membres de l'association étaient présents."ll y avait des animaux en stabulation, d’autres à l’herbe. Nous avons relevé les numéros et avons chargé les animaux dans des camions pour les emmener sur une structure d’accueil", explique Jimmy Gouedard.

Ce qu’on retient, c’est que cette opération s’est bien déroulée : pas de blessés humains, pas de blessés parmi les animaux.

Jimmy Gouedard, adjoint au directeur de l'OABA

"Pas d'autre destination que l'abattoir"

L'OABA, qui participe à une quarantaine de procédures par an, le confirme : il s'agit d'une saisie inédite. "À notre connaissance, le plus gros record était de 450 bovins en Seine-Maritime il y a deux ans, abonde Jimmy Gouedard. Cette opération montre que les grosses exploitations ne sont pas au-dessus des lois".

Quid des 786 bovins saisis ? Les animaux, pour la plupart malades, "n'auront pas d'autre destination que l'abattoir", indique l'adjoint au directeur de l'OABA. L'association sera présente lors de l'abattage du cheptel, pour s'assurer que les conditions soient conformes à la réglementation.

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