Quatre hommes ont été condamnés à des peines allant de deux à six ans de prison ferme. Ils permettaient aux migrants de traverser la Manche pour rejoindre l'Angleterre à bord d'embarcations de fortune.
C'est l'aboutissement d'une enquête menée depuis le mois d'août 2024 par l'antenne de l'Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim) de Coquelles. Leur travail a révélé l'existence d'une filière "structurée" et "hiérarchisée" de passeurs, relate Guirec Le Bras, procureur de Boulogne-sur-Mer dans un communiqué.
La justice a condamné quatre membres de cette filière à des peines allant de deux à six ans de prison.
Un mode opératoire bien huilé
Pour parvenir à ses fins, le réseau de passeurs s'approvisionnait en matériel nautique en région parisienne, mais aussi en Allemagne, avant de l'acheminer vers le littoral du Pas-de-Calais.
Des chauffeurs étaient ensuite recrutés et les migrants conduits vers les plages de Calais ou Sangatte. En échange, ils demandaient des sommes pouvant atteindre 1000 euros pour un "trajet à pied de 30 minutes" jusqu'à "la zone de mise à l'eau" des small boats ["petites embarcations", en français].
Les quatre mis en cause, de nationalités soudanaise, libyenne et tunisienne, ont été interpellés à Calais et Bègles (Gironde) le 19 novembre 2024, puis placés en détention provisoire dans l'attente de leur procès. La justice les a condamnés à des peines de deux, trois, cinq et six ans de prison pour "aide à l'entrée et au séjour irrégulier d'étrangers" en bande organisée avec maintien en détention et à l'interdiction définitive du territoire français.
En 2024, au moins 77 migrants ont perdu la vie en tentant de rejoindre l'Angleterre en traversant la Manche. Un funeste record depuis 2018.
Avec AFP