"De multiples hématomes, six jours d'ITT et un traumatisme psychologique" : deux agressions de surveillants en quinze jours à la maison d'arrêt de Limoges

Les agressions de surveillants en prison se multiplient depuis le début de l’année. L'établissement pénitentiaire de Limoges, structure vieillissante, n'y échappe pas. Alors qu'un lieu est avancé par les syndicats pour créer un nouveau bâtiment, les travaux effectués à la demande de l’État pour améliorer l'accueil ne semblent pas apaiser les tensions.

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Les incidents se multiplient à la maison d'arrêt de Limoges. Dernier en date, le 5 mai, en milieu d'après-midi. Lors d'une palpation effectuée avant la promenade quotidienne, un détenu s'en est pris à une surveillante. "Il lui a sauté dessus par-derrière, en l'attrapant par le cou et en la jetant violemment au sol. Cela a eu pour conséquence six jours d'ITT, de multiples hématomes et un traumatisme psychologique", relate Julien Dubois, le secrétaire local UFAP UNSA.

Selon les syndicats, la moitié des quarante-neuf surveillants seraient absents pour raison médicale. En sous-effectif, les agents constatent une dégradation de leurs conditions d'exercice. © France Télévisions - France 3 Limousin

La moitié des surveillants absents

Selon les syndicats, la moitié des quarante-neuf surveillants seraient absents pour raison médicale. En sous-effectif, les agents constatent une dégradation de leurs conditions d'exercice. "Le manque d'effectif fait que l'on est moins vigilant et que l'on a un surplus de travail énorme. Par exemple, sur les coursives, on a des postes seuls, alors qu'on devrait être à deux", témoigne David Lefort, surveillant pénitentiaire à Limoges.

On travaille en mode dégradé. Parfois, on tient un poste pour trois personnes. On n'en peut plus.

David Lefort

Fatigués, les surveillants doivent faire face à des détenus, eux aussi, à bout. Ces derniers sont entassés dans les cellules, parfois à même le sol. Sans oublier la présence de punaises de lit ou encore l'absence de vitres aux fenêtres. "Lorsqu'un surveillant ouvre la porte d'une cellule, il est le premier et presque le seul contact des détenus qui sont enfermés à l'intérieur, parfois à deux, trois, quatre dans 7 m². Malheureusement, ils sont les premiers réceptacles de cette frustration et de cette cocotte-minute", indique Maître Guillaume Laverdure, avocat à Limoges et représentant de la section française de l'Observatoire international des prisons.

Sollicitée, l'administration pénitentiaire n'a pas encore donné suite à nos sollicitations. 

Le projet d'un nouvel établissement pénitentiaire est à l'étude. Selon les syndicats, un lieu aurait été trouvé pour son implantation. © France Télévisions - France 3 Limousin

Une nouvelle prison à Landouge ?

La création d'un nouvel établissement pénitentiaire est à l'étude. Selon les syndicats, un lieu aurait été trouvé pour son implantation du côté de Landouge. "Ce projet a été envoyé de mémoire cette semaine et le garde des Sceaux doit se prononcer entre fin mai et début juin, sur des nouvelles structures. On espère que Limoges fera partie de ces annonces", réagit Julien Dubois, le secrétaire local UfAP Unsa.

Contactée, la préfecture ne confirme pas ses hypothèses. 

Pour les avocats de l'Observatoire international des prisons, la construction d'une nouvelle structure n'est pas la solution pour calmer les tensions. Selon eux, il faudrait réduire les incarcérations systématiques pour les courtes peines.

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