Un surveillant évite un drame au parloir : la CGT dénonce des conditions intenables, "on est à la fois pompier, psy, médecin"

La CGT pénitentiaire de la maison d'arrêt de Pau tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme sur les conditions de travail dégradées des agents, après une journée particulièrement violente. Plusieurs agressions ont éclaté au sein de la prison, provoquées, selon le syndicat, par la surpopulation carcérale.

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Son "courage" a été salué par ses pairs. Dans un communiqué, la CGT pénitentiaire de Pau a tenu a mettre à l'honneur"l'acte courageux" de Seb', un agent pénitentiaire de la maison d'arrêt de la capitale béarnaise.

Ce mercredi 30 juillet, la journée est émaillée de "violences exceptionnelles". Elle va se conclure par une tentative d'étranglement d'un détenu sur un autre, alors qu'ils se trouvaient au parloir. "Un véritable drame a été évité de justesse grâce à la réactivité, au courage et au professionnalisme exemplaire de notre collègue, détaille la CGT dans son communiqué. Sa présence d’esprit et son sang-froid ont permis de désamorcer la situation, évitant ainsi toute conséquence grave."

Un surveillant pour un étage de 120 détenus

Cette intervention, aussi saluée soit-elle, témoigne d'une problématique bien plus complexe : celui de la surpopulation. Le syndicat affirme ainsi qu'un étage de 120 détenus n'est supervisé que par un seul surveillant ou encore que, faute de place dans les cellules, 30 matelas sont disposés au sol.

Lorsqu'il y a de la surpopulation, la sécurité n'est pas la même...

Amélie Copin

Agente pénitentiaire & déléguée CGT à la maison d'arrêt de Pau

Une situation qui pousse les agents "à une surcharge de travail" qui ne leur permet pas "d'être attentifs à tout", déplore Amélie Copin. "Il est nécessaire d'augmenter les effectifs pour que les agents se sentent en sécurité", martèle la déléguée CGT.

Elle cite l'exemple des"mouvements prioritaires", désormais impossibles à mettre en place faute de personnel. Dans le jargon pénitentiaire, cela correspond au déplacement des détenus vers la promenade, le parloir ou l'aumônerie.

"Pompier, psy, médecin"

Celle qui pâtit le plus de cette surcharge de travail reste, pour le syndicat, la mission dite "d'observation" qui vise à prévenir du racket, du trafic, des suicides ou encore de la radicalisation. "Quand on a le temps, on peut désamorcer des situations tendues", avance Amélie Copin.

Comme la fois où, dans le quartier dédié aux femmes, elle a pu "mettre en place une médiation" entre deux détenues. "Mais ça ne s'est pas fait d'une traite", insiste la déléguée CGT, rappelant que "ce procédé est impossible à mettre en œuvre lorsqu'il n'y a qu'un surveillant d'étage".

Son rôle, Amélie Copin le définit pourtant comme celui "de prévenir la violence envers nous mais surtout envers eux". Une tâche ardue, lorsqu'il implique de revêtir de nombreuses casquettes."On est à la fois pompier, psy, médecin", énumère l'agente pénitentiaire. Malgré tout, elle assure que les agents "sont là" pour tenter d'assurer au mieux leur mission, en dépit, malgré les nombreuses alertes, d'un manque de moyens chronique.

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