Vingt-quatre perquisitions ont été effectuées en Belgique, en France, aux Pays-Bas et en Irlande, sur ordre d'un juge belge enquêtant sur une vaste fraude dans le monde du cheval. Des propriétaires auraient abusivement orienté des animaux en fin de vie vers la boucherie. Plusieurs perquisitions ont eu lieu en France, notamment dans le Gard, en Gironde, dans la Sarthe et en Mayenne.
L'opération, menée il y a une semaine, a été annoncée conjointement par la police belge et l'office européen Europol, qui l'a coordonnée.
Deux des trois suspects interpellés lors des perquisitions en Belgique ont été incarcérés, a ajouté la police fédérale, soulignant le "rôle manifestement important" joué par un marchand de chevaux de Flandre.
L'identité de ces suspects n'a pas été précisée.
Une fraude internationale
Les enquêteurs soupçonnent "un commerce à grande échelle de chevaux dont l'identité et le pedigree auraient été falsifiés afin de permettre leur déplacement et leur revente à travers l'Europe", d'après Europol.
Certains des animaux auraient été détournés vers un abattoir et donc vers la chaîne alimentaire, alors qu'ils n'y étaient pas destinés, sans possibilité de traçage, souligne l'office européen de police. Faire reconnaître l'animal en cheval de boucherie augmente sa valeur.
Pour masquer leur origine, les puces électroniques des animaux étaient modifiées et leur passeport falsifié.
Des agents de l'autorité belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) ont été associés à l'opération de police, y compris à l'étranger.
Des perquisitions dans le Gard
Parmi les 24 perquisitions, sept ont lieu en France, notamment dans le Gard. Europol n'a pas plus détaillé ces opérations. Ce sont les bureaux de négociants en viande qui ont été visés.
"Un nombre considérable de ces chevaux ont fait l'objet d'une saisie administrative ou judiciaire", selon la police belge.
Au total, les quelque 200 policiers intervenus dans les quatre pays ont contrôlé les identités et les conditions de bien-être de plus de 1.000 chevaux, dont 600 en France, saisissant des documents qui sont en train d'être analysés.
Cette nouvelle affaire n'est pas sans rappeler l'escroquerie à la viande de cheval en 2013, qui avait impliqué des entreprises du Gard et un grossiste de l'Aude, pour avoir revendu des chevaux de laboratoires à des bouchers et des abattoirs. Au total, 25 protagonistes avaient été impliqués et jugés à Marseille dans ce dossier.
/regions/2026/06/09/6a27c9e1ead36440949228.png)