S'il arrive au pouvoir, le Rassemblement national veut sanctionner le port du voile par une amende. Depuis cette annonce du 30 août 2026, la polémique fait rage. Une situation qui attriste profondément Latifa Ibn Ziaten, la mère de la première victime de Mohammed Merah en 2012 à Toulouse.
Malgré de nombreuses solliciations de médias, elle avait gardé ses distances avec cette polémique qui agite la classe politique depuis le 30 août, date à laquelle le député RN, Jean-Philippe Tanguy, a annoncé qu'avec Marine Le Pen au pouvoir, le port du voile serait interdit dans l'espace public et sanctionné par une amende. Ce lundi 7 septembre 2026, Latifa Ibn Ziaten a pris position en publiant un long message sur son compte du réseau social X.
"Encore plus de haine et de division"
Le premier sentiment évoqué par Latifa Ibn Ziaten, c'est une profonde tristesse. "Je suis triste parce que cette polémique crée encore plus de haine et de division entre notre peuple", écrit celle qui depuis la mort de son fils, Imad, assassiné par le terroriste Merah, n'a de cesse de se battre pour la jeunesse et la paix.
Cette polémique crée encore plus haine et de division.
Latifa Ibn Ziaten sur son compte X
Avec son association, Latifa Ibn Ziaten a pour seul message, la tolérance et la lutte contre la radicalisation et toutes formes de haine. Un message qu'elle porte régulièrement auprès des jeunes, dans les établissements scolaires. Alors cette polémique sur le port du voile ne servirait-elle pas à détourner les yeux des vrais problèmes ? "Pendant que nous débattons du foulard, des personnes dorment dans la rue. Des jeunes veulent étudier, réussir et construire leur avenir, mais dorment parfois sous une tente. Des familles comptent chaque euro pour pouvoir manger. Pourquoi ne parlons-nous pas davantage de ces difficultés ?", écrit Latifa Ibn Ziaten.
"Mon foulard ne m'empêche pas de défendre la République"
"Aujourd’hui, on fait du foulard un problème. Je trouve cela très grave. Je porte un foulard. Et je suis fière d’être une citoyenne française. Depuis des années, je me bats pour les valeurs de la République, pour la liberté, la fraternité, le respect et la paix", écrit Latifa Ibn Ziaten, décorée de la Légion d'honneur en mars 2016.
Cette polémique dure depuis plusieurs jours. J’ai été contactée par plusieurs journaux et chaînes de télévision, mais je n’ai pas souhaité répondre jusqu’à présent, car je suis profondément triste de cette situation.
— Latifa Ibn Ziaten (@LatifaIbnZ) September 7, 2026
Je suis triste parce que cette polémique crée encore plus de… pic.twitter.com/3Zc29E4Pg5
Latifa Ibn Ziaten ne parle pas de voile, mais de foulard. Elle le porte en signe de deuil depuis la mort de son fils. "Je suis française, née au Maroc, de religion musulmane, mais je n'ai jamais porté le voile", expliquait-elle au journal Le Monde en octobre 2019 après qu'un élu du RN a pris à partie une mère, accompagnatrice scolaire voilée. Quelques années plus tôt, elle avait été elle-même huée à l'Assemblée nationale lors d'une conférence sur la laïcité.
'Mon foulard ne m’empêche pas d’être française. Il ne m’empêche pas d’aimer mon pays. Il ne m’empêche pas de défendre la République. Je veux être jugée sur mes actes, sur mon engagement, sur mon travail et sur les valeurs que je transmets à notre jeunesse, et non sur un vêtement", écrit aujourd'hui Latifa Ibn Ziaten.
Reste cette question : où est passée la liberté de notre pays ? "La France que j’aime n’est pas celle qui oppose les citoyens les uns aux autres. Ce n’est pas une France de l’exclusion, de la stigmatisation et de la division. (...) Je continuerai à porter mon foulard. Je continuerai à porter mes valeurs. Et surtout, je continuerai à défendre la République, la paix et notre jeunesse.
Ne faisons pas de nos différences une guerre. Faisons-en une force", conclut Latifa Ibn Ziaten, à l'adresse sans doute des politiques et de ceux qui se porteront candidat à la présidence de la République.
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