À Bédarieux début juillet 2026, un feu a ravagé environ 300 hectares et s'est parfois rapproché des habitations. Certaines associations de protection animale se sont donc retrouvées dans l'obligation de quitter les lieux. Mais comment faire comprendre aux animaux le danger des flammes, et les faire évacuer sans danger ?
Quand Fanny Perrot a reçu l'obligation d'évacuation de son logement à Bédarieux dans l'Hérault, elle a avant toute chose pensé aux animaux accueillis dans son association. Comment les faire évacuer ? Leur faire comprendre le danger ?
Habituer les animaux
L'association de protection animale P.A.O.N recueille des animaux, chats, chiens mais aussi cochons, chèvres, canards, oies, ou encore chevaux dans des familles d'accueil près de Béziers. Fanny Perrot, présidente de l'association, accueille chez elle six chiens dits "compliqués", deux cochons et plusieurs chèvres. Le 8 juillet dernier, le feu se propage rapidement à Bédarieux, "on a reçu l'obligation d'évacuer le 8 juillet, on devait donc mettre en sécurité tous les animaux le plus rapidement possible" explique-t-elle.
Démunie et sans véhicule pour déplacer les animaux, elle lance un appel à l'aide sur les réseaux sociaux. De nombreuses personnes se mobilisent et un véhicule est trouvé pour déplacer les animaux. "Mais le plus compliqué cela a été de faire comprendre aux animaux qu'il fallait évacuer, de réduire le plus possible leur stress et appréhension. Ils n'ont pas l'habitude de devoir entrer dans un véhicule. Pour la plupart ce sont des animaux que nous avons sauvés de conditions difficiles, ce sont des sauvetages" détaille-t-elle.
Ce ne sont pas des animaux habitués à ce genre de situation.
Fanny PerrotPrésidente de l'association P.A.O.N
Une épreuve compliquée et stressante, tant pour les bénévoles de l'association que pour les animaux. "On a un bouc que nous avons recueilli au sein de l'association, il est très âgé. Nous avons dû faire une véritable barrière humaine pour le pousser dans le van. Mais il était tellement stressé et paniqué que j'ai eu peur que son cœur s'arrête. Ce ne sont pas des animaux habitués à ce genre de situation. Mais nous n'avons plus le choix, il faut qu'on les habitue si on veut pouvoir assurer leur sécurité."
Une cagnotte ouverte
Pour se prémunir de potentiels prochains incendies, l'association a lancé un appel à l'aide. "Nous avons ouvert une cagnotte pour nous aider à acheter un van. On sait que le risque incendie va être de plus en plus important, alors nous devons pouvoir être prêt" explique la présidente.
L'évacuation que nous venons de vivre a été très compliquée, notamment pour nos animaux de ferme (cochons, chèvres...).
Fanny PerrotPrésidente de l'association P.A.O.N
L'idée est aussi de pouvoir habituer les animaux à se rendre dans le van, même les plus réticents. "Un cheval qui n'a jamais été habitué à entrer dans un véhicule c'est presque impossible de le faire entrer. Ce van nous permettrait aussi de les habituer à ne pas avoir peur, et donc à être davantage réactifs en cas de catastrophe".
Une problématique nationale
Une question qui touche aujourd'hui de nombreuses associations ou refuges dans la France entière. Dans les Pyrénées-Orientales, près d'Ille-sur-Têt, le refuge canin Asaap a été détruit par l'incendie de Trévillach. Les bénévoles ont été contraints d'évacuer dans l'urgence les 33 chiens accueillis dans le refuge afin d'éviter une catastrophe. Si tous les animaux ont pu être sauvés elle explique à 30 millions d'amis que "certains chiens ne voulaient pas se laisser emmener".
En France, l'association PPRAN (Patrouille Prévention Risques Animaliers et Naturels), créée à Maussane-les-Alpilles dans les Bouches-du-Rhône, vise à intervenir dans ces situations. En effet, l'une des missions de cette dernière est notamment de réaliser des "évacuations préventives et/ou d'urgence de cheptels animaliers lors de catastrophes naturelles" mais aussi le "soutien aux propriétaires d'animaux lors de catastrophes naturelles".
Sur le site JeVeuxAider.gouv.fr il est aussi possible de s'inscrire à des missions afin de devenir bénévole pour aider l'association à "déporter des animaux sur des structures adaptées à leurs protocoles sanitaires lors d'incendies ou d'inondations / tempêtes ,avec des véhicules adaptés à leur transport."