Les réquisitions du procès ont été annoncées ce mercredi soir. Les accusés avaient tenus des propos injurieux au sujet de la chanteuse au moment où elle avait été choisie pour chanter à la cérémonie d'ouverture des JO.
Treize personnes en lien avec les milieux identitaires étaient jugées ce mercredi Elles s'étaient montrées hostiles à la participation de la chanteuse Aya Nakamura à la cérémonie d'ouverture des JO de Paris 2024.
Des peines de quatre mois avec sursis à quatre mois ferme ont été requises au tribunal correctionnel de Paris. Pour la procureure, l'action visant Aya Nakamura avait pour but "d'empêcher cette chanteuse française de participer à la cérémonie" d'ouverture des JO "en raison de ses origines".
La magistrate a dénoncé "la rhétorique haineuse" des mis en cause. Elle a demandé au tribunal d'infliger des "sanctions fortes et sévères".
Les prévenus présents, dont le porte-parole du groupe identitaire Les Natifs ont refusé de répondre aux questions du tribunal, se contentant de lire une déclaration pour justifier leur action. "Ce qui se joue aujourd'hui, c'est la question de la liberté d'expression et celle de l'indépendance du système judiciaire", a-t-il estimé.
Une banderole à connotation raciste
Le 9 mars 2024, après l'évocation de la participation de la chanteuse à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, le groupuscule avait posté sur ses réseaux sociaux une photo d'une banderole à connotation raciste.
Tendue par une dizaine de ses membres sur l'île Saint-Louis, la banderole proclamait : "Y a pas moyen Aya, ici c'est Paris, pas le marché de Bamako", une référence à son tube "Djadja" et à sa ville de naissance au Mali.
Le parquet de Paris avait confié une enquête à l'Office central de lutte contre les crimes de haine et la haine en ligne (OCLCH).
Le ministère public avait reçu le 13 mars 2024 des signalements de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) et de SOS-Racisme, dénonçant des "publications à caractère raciste au préjudice" de la star de la chanson française.
Le 20 mars, Aya Nakamura avait porté plainte à son tour.
Les Natifs, qui comptent près de 10.000 abonnés sur Instagram et plus de 18.000 sur X, revendiquent des actions coup de poing relayées sur leurs réseaux sociaux. En mars dernier, le groupe Les Natifs avaient recouvert de draps noirs des portraits de femmes voilées exposés dans la basilique Saint-Denis.
Le verdict du proccès sera rendu le 17 septembre prochain.