"Parfois j'ai envie de pleurer" : quand la vieillesse creuse les inégalités en banlieue

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Mohammed Lotfi souffre de l'isolement et de la solitude auxquels le contraingnent son mal de dos et sa perte d'autonomie.
Reportage d'Elise Ferret et Floriane Olivier. ©ICI Paris Île-de-France

La solitude et l'isolement comme conséquence de la perte d'autonomie. Dans certains quartiers populaires, la vieillesse peut avoir d'importantes répercussions sociales et mentales sur de nombreuses personnes.

"Je préfère rentrer chez moi plutôt que d'aller dans le centre-ville". Mohammed Lotfi Zahar est retraité. Il habite à Gagny en Seine-Saint-Denis. Depuis plusieurs années, il souffre de problèmes de dos. Depuis chez lui, il lui faut 35 minutes pour rejoindre le centre de la commune à pied, le double d'une personne valide. En route, l'effort lui provoque parfois des malaises.

"Il faut tenir", note celui qui s'arrête souvent dans un café en chemin pour faire une pause et se reposer. Quand le retraité décide de poursuivre son chemin pour faire ses courses, pas de répit. Il ne dispose d'aucun endroit pour s'asseoir. Aucun banc à l'horizon, même aux arrêts de bus. De plus, les trottoirs sont assez étroits et souvent encombrés, rendant son passage difficile.

Trois sorties par semaine

"Il faut descendre jusqu'à la mairie pour pouvoir s'asseoir et se reposer". Se poser et souffler en attendant le bus retour pour rentrer chez lui. Une attente parfois assez longue. Celui qui envisage aujourd'hui de changer de logement social en est parfois réduit à rester dans son domicile "sans faire les courses pour ne pas faire de va-et-vient", raconte celui qui tente de sortir trois fois par semaine au prix d'efforts surhumains.

Une situation qu'il juge difficile. "Cela me rend triste et parfois j'ai envie de pleurer", confie le retraité. Comme 400 personnes âgées en Seine-Saint-Denis, il bénéficie de l'aide de l'association " Les Petits Frères des Pauvres". Des bénévoles de l'association rendent visite pour simplement échanger ou pour faire des courses. Plus des trois quarts de ces personnes restent bloquées chez elles pour les mêmes raisons que Mohammed Lotfi Zahar. 

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