La Seconde Guerre mondiale s'invite sous tous les angles au festival de Cannes. Le boycott d'une actrice chinoise, "les monstres que sont Trump, Netanyahou et Poutine" également. On vous résume ce 20 mai sur la Croisette.
Manque d'actualité et d'engagement pour cette 79ᵉ édition ? Les festivaliers trouvent pour certains que cette quinzaine ronronne, et pourtant...
"Des êtres humains pas forcément courageux"
Projeté ce mercredi en compétition, Notre salut d'Emmanuel Marre est le deuxième film cette année après Les Rayons et les ombres, sorti en mars, à raconter la guerre du point de vue de la collaboration.
Pas de scènes de guerre ou de résistants héroïques dans ce long-métrage, qui fait le portrait d'un fonctionnaire du régime de Vichy installé à Limoges, petit rouage ordinaire d'une machine monstrueuse. Le film d'Emmanuel Marre est le seul à Cannes à adopter un point de vue radical, montrant "des êtres humains pas forcément courageux" pendant la guerre, selon le réalisateur.
"Je vous ai compris"
Autre film sur la guerre, projeté ce mercredi hors compétition, la première partie du biopic sur le général de Gaulle est une grosse production de facture classique retraçant la vie du chef de la France libre pendant les cinq années de guerre. >> Lire la critique.
Tapis rouge du film The Man I Love à 22h30 ce mercredi soir.
"Personne ne veut la guerre"
La star hollywoodienne née à La Havane, Andy Garcia, a déclaré qu'il se réveillait chaque matin en rêvant d'un Cuba "libre de toute répression", lors d'un entretien à l'AFP, pour présenter son premier film en tant que réalisateur au festival de Cannes.
"Personne ne veut la guerre, mais la répression absolue et la souffrance du peuple dans ce pays ne sont pas une alternative, ce n'est pas quelque chose à accepter", a-t-il déclaré mardi lors d'un entretien pour promouvoir son polar Diamond, porté par une distribution de premier plan dont ses amis Bill Murray et Dustin Hoffman.
Il était très ému à l'issue de la projection de son film :
"Les monstres que sont Trump, Netanyahou et Poutine"
"Nous, en tant qu’Européens, nous avons l’obligation de devenir un bouclier contre ces monstres que sont [Donald] Trump, [Benyamin] Nétanyahou ou encore le Russe [Vladimir] Poutine", a déclaré le réalisateur espagnol Pedro Almodóvar en conférence de presse au Festival de Cannes, où il présente son film Autofiction.
Appel au boycott d'une actrice chinoise
Des centaines de commentaires similaires sont apparus sur les comptes Facebook et TikTok du Festival de Cannes en quelques heures. Tous comportent les mots-clefs #JusticeforYuMengLong et #BoycottTianHairong. Des internautes appellent en effet au boycott d'une actrice chinoise qu'ils pensent mêlée à la mort d'un de ses confrères. Explications.
"Du sens en 2026, plus que jamais"
L'Affaire Marie-Claire, cette fiction inspirée de faits réels, retrace le procès retentissant d'une jeune fille de 16 ans, violée puis jugée pour avortement illégal en 1972 à Bobigny. Charlotte Gainsbourg endosse la robe de l'avocate Gisèle Halimi et la formidable Cécile de France incarne la mère de la victime. > Lire la critique
Les réalisateurs Lauriane Escaffre et Yvo Muller défendent une démarche qui selon elle a "du sens en 2026, plus que jamais". Ce long-métrage, le premier à porter sur cet épisode historique, fait des allers-retours haletants entre le huis clos de la salle d'audience et le cheminement jusqu'à ce procès retentissant qui a ouvert la voie à la légalisation de l'IVG en France.
"Plus il y aura de réalisatrices, plus le regard changera"
Venue à Cannes pour parler de son essai féministe "Ensemble, on est plus fortes", Julie Gayet prend la parole sur la place des femmes dans le milieu du cinéma, une cause qui lui tient à cœur et pour laquelle elle s'engage.
"Les artistes ont le droit à la critique"
"Les artistes ont le droit à la critique", comme ils l'ont fait dans la tribune anti-Bolloré qui a suscité l'ire du patron de Canal+, a affirmé ce mercredi à l'AFP le numéro 2 de France Télévisions, Stéphane Sitbon-Gomez.
"Molière se moquait de Louis XIV" et "les artistes ont le droit à la critique dans ce pays. Ça a toujours été le cas. Le fait d'acheter une œuvre ne demande pas un devoir de loyauté et d'obéissance", a estimé le directeur général adjoint du groupe France Télévisions.
"Que l'on s'appelle Canal+, France Télé ou TF1, on choisit des œuvres On ne peut pas établir une liste noire, rouge, verte", a lancé le dirigeant, en référence au fait que le patron de Canal+, Maxime Saada a déclaré ne plus vouloir travailler avec les signataires de la tribune litigieuse.
La culture est "l'expression de la diversité" et dans ce monde-là, "il y a un droit à la désobéissance", a martelé Stéphane Sitbon-Gomez, soulignant qu'"on n'est pas dans une République bananière" et que "le cinéma n'est pas un régime autocratique".
Michael is back !
Même Léa Seydoux a joué le jeu du selfie avec une star ! Rencontre insolite avec Michael Jackson pour son "retour" à Cannes !
Le jury fait de la poterie !
Chaque année, le jury se plie à une tradition : la signature du Livre d’or de la Ville. Si habituellement, ce moment se déroule lors du déjeuner des journalistes le vendredi avant la clôture ("l'aioli" n'aura pas lieu cette année) il s'est déroulé ce mercredi en petit comité dans le cadre historique et emblématique du Suquet.
Les membres du jury ont également apposé leurs empreintes, s’inscrivant ainsi dans le patrimoine culturel et cinématographique cannois. Ils rejoignent à leur tour les empreintes et signatures de près de 450 acteurs et réalisateurs ayant marqué l’histoire du 7ᵉ art.
Cannes en VO
Cannes centre du monde ? Un peu ! Si les stars sur le tapis rouge viennent des quatre coins de la planète, les festivaliers, et notamment ceux qui fréquentent le Marché du film, sont originaires de 140 pays.
À demain !
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