Jacqueline Jacob, grand-tante par alliance de Grégory Villemin, sera interrogée vendredi 24 octobre à la cour d'appel de Dijon (Côte-d'Or). Soupçonnée d'être l'un des corbeaux qui a menacé la famille du garçon, elle pourrait être mise en examen.
Nouveau rebondissement dans une enquête chaotique. Vendredi 24 octobre, la grand-tante par alliance de Grégory Villemin, Jacqueline Jacob, sera interrogée à partir de 10 heures à la cour d'appel de Dijon (Côte-d'Or). L'audience pourrait aboutir à la mise en examen pour "association de malfaiteurs criminelle" de l'octogénaire, soupçonnée d'être l'un des corbeaux ayant adressé des lettres de menaces à la famille du petit garçon.
De nouvelles analyses pourraient la mettre en cause
Jacqueline Jacob a déjà été poursuivie en 2017 pour "enlèvement et séquestration suivie de mort" et emprisonnée pendant quatre jours. À l'époque, elle jurait "sa totale innocence" et avait gardé le silence face au juge. Cette première mise en examen a toutefois été annulée l'année suivante, en raison d'un vice de forme.
Mais de nouvelles expertises réalisées depuis confirment, selon les juges d'instruction, les soupçons qui pesaient alors sur la mise en cause. Des expertises stylométriques (qui étudient l'orthographe et les tournures de phrases) effectuées en 2021 et 2023, couplées aux expertises graphologiques de 2017, lui attribuent trois lettres envoyées à la famille Villemin en 1983.
Parmi elles, un courrier du 4 mars qui menace explicitement les parents du petit Grégory. "Je vous ferez votre peau", y est-il écrit, rapporte l'Agence France Presse (AFP). L'hypothèse selon laquelle Jacqueline Jacob a écrit une autre lettre, datée du 16 octobre 1984 et qui revendique le meurtre de l'enfant, serait "très fortement" soutenue par les analyses.
"Rien ne justifie une mise en examen"
Ces éléments suffisent pour "envisager" une mise en examen, soulignait le 18 juin dernier la chambre de l'instruction de Dijon, dans l'arrêt qui ordonnait l'audition de Jacqueline Jacob. Ce que contestait le procureur général, Philippe Astruc : il rappelait notamment qu'une expertise de 1991 avait attribué la lettre de revendication du crime à Bernard Laroche, cousin assassiné du père de Grégory.
Les arguments de l'instruction sont "surréalistes, lunaires", estime pour sa part Frédéric Berna, l'un des avocats de Jacqueline Jacob, auprès de l'AFP. "Rien ne justifie une mise en examen", affirme-t-il encore, et promet de la contester si elle devait être prononcée.
"Acceptera-t-elle de dire ce qu'elle sait sur la mort de Grégory ?", interroge quant à lui Me François Saint-Pierre, l'un des avocats des parents Villemin. "Ce serait, à notre sens, la seule attitude digne de sa part." Pour rappel, cela fait 41 ans que le corps du petit Grégory a été retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges).