"J'ai envie de me préserver" : la championne du monde de judo Margaux Pinot rend le kimono après 18 ans à haut niveau

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La Franc-Comtoise d'origine, sacrée championne du monde en 2024, a annoncé mettre un terme à sa carrière professionnelle à 32 ans, lundi 18 mai 2026. Elle revient sur les raisons qui l'ont poussée à quitter le tatami, entre baisse de motivation et aspiration à une autre vie.

Le judo français dit au revoir à l'une de ses grandes dames. La championne du monde 2024 Margaux Pinot, née à Besançon, a confié au journal l'Equipe le soin d'annoncer sa retraite sportive, lundi 18 mai 2026.

Elle a laissé cette décision mûrir pendant plusieurs mois. En cause : un mélange de facteurs physiques, mentaux et un timing qui l’ont conduite à tirer sa révérence à 32 ans, avant que cela ne devienne trop coûteux.

En plus de son titre de championne du monde en 2024, la judokate a aussi été sacrée championne d'Europe en 2020, mais aussi championne olympique par équipe mixte aux Jeux de Tokyo en 2021.

"Pas envie de me voir régresser"

"Il faut savoir tourner la page au bon moment", confie la native de Haute-Saône à France 3 Franche-Comté ce mercredi. Pour Margaux Pinot, ce moment s'est annoncé quand elle a senti sa motivation décroître pour la première fois.

Quand Margaux Pinot comprend qu'elle est sacrée championne du monde, à Abu Dhabi en 2024. • © ALI HAIDER / MAXPPP

Deux entraînements par jour, renforcement musculaire, séances de cardio, exigences en termes d'hygiène de vie, des futures qualifications vécues comme une pression permanente, les vies sociale et familiale sacrifiées : la lourdeur du quotidien d'une sportive professionnelle lui est soudain devenue plus difficile à supporter. "Ce sont des paramètres qui usent à la longue. À un moment donné, on en a marre."

Un manque d'envie qui allait la pousser à moins travailler. Or la judokate se connaît : elle a "besoin de beaucoup s'entraîner pour rester à haut niveau".

"Je n'avais pas envie de me voir régresser, je savais que ça allait finir par arriver”, confie celle qui a fait ses classes en sport étude à Pontarlier, puis au pôle de Strasbourg, avant de poser ses valises à proximité de l’INSEP en région parisienne, où elle s’est entraînée quotidiennement pendant 14 ans.

Un coude récalcitrant

À cela s'est ajoutée une blessure qu'elle ne parvient pas à guérir, et qui l'empêche aujourd'hui de pratiquer sa technique favorite et le judo qui lui plaît. Une luxation au coude il y a dix ans, sur laquelle elle a combattu des années jusqu'à ce que les premières douleurs se fassent sentir.

Margaux Pinot contre la Suédoise Anna Bernholm aux championnats du monde 2019 au Japon. • © KIMIMASA MAYAMA / EPA

Deux opérations chirurgicales plus tard, Margaux Pinot ne veut plus insister. "Je n'ai pas envie d'avoir de grosses douleurs toute ma vie. Je veux me préserver."

Se préserver pour mieux appréhender le deuxième volet de sa vie. Son contrat avec son club, le PSG Judo, se terminera au mois d'août. Il lui faudra ensuite trouver un emploi. Car même champions, “les judokas ne sont pas payés comme les footeux", rappelle la combattante.

Armée pour la sortie

Margaux Pinot a déjà entamé une formation en naturopathie et elle pourra compter sur son master STAPS et son diplôme d’état de judo (DEJEPS) pour rebondir professionnellement dans “le milieu du sport et du bien-être”.

“Il faut tabler sur les capacités que le sport nous a offertes. On est capables de faire des choses en entreprise”, s’encourage-t-elle.

Les risques de dépression chez les sportifs retraités existent. La judokate le sait. Suivie psychologiquement depuis le début de sa carrière, elle prend le sujet de la santé mentale au sérieux. Aujourd’hui, elle se fait confiance. “Je sais que je vais m’en sortir.”

Un projet de vie de famille ? “Peut-être par la suite”, tempère celle qui nourrit pour l'instant l'envie simple d’aller vivre là où le soleil règne.

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