En août 2021, le corps d’un étudiant de 19 ans était retrouvé près d’un étang à Plancher-Bas en Haute-Saône. Du 2 au 13 juin 2025, quatre hommes vont devoir s’expliquer devant la justice sur leurs rôles respectifs dans ce drame.
Il s’appelait Simon Arthuis. Il avait 19 ans. Le corps de cet étudiant originaire de Poitiers est découvert en début de soirée le 18 août 2021 près d’une route départementale et d’un étang à Plancher-Bas au nord de la Haute-Saône. La victime a été touchée par plusieurs coups de couteau. C’est son compagnon, un homme de 33 ans originaire de Montbéliard qui alerte les gendarmes. Il déclare que son amant et lui ont été victimes d'une agression homophobe. Il indique le lieu où se trouve le corps.
Rapidement l’enquête va établir des incohérences. Trois hommes sont rapidement interpellés. L’amant de Simon Arthuis. Mais aussi deux jeunes de 18 et 23 ans hébergés alors à Plancher-Bas chez le frère jumeau du trentenaire. Ils reconnaissent leur implication, mais aucun ne reconnaît avoir porté les coups mortels. Lors de l’enquête, ils se sont rejeté la responsabilité des faits.
Qui est jugé devant la cour d’assises ?
Devant la cour d’assises de Haute-Saône, ces trois hommes seront jugés pour assassinat et tentative d’assassinat déjà la veille sur Simon Arthuis. La victime avait exploré des locaux désaffectés à l'occasion d'une sortie urbex avec les deux jeunes hébergés à Plancher-Les-Mines. Au cours de cette sortie, l'un d'eux a violemment frappé la victime à la tête avec une pierre, sans qu'il perde connaissance. Le lendemain, Simon Arthuis était allé déposer plainte au commissariat de Montbéliard.
Deux autres personnes comparaîtront pour abstention volontaire d'empêcher un crime ou un délit contre l'intégrité d'une personne. Ces deux personnes sont le frère jumeau et sa compagne, 29 ans au moment des faits. Cette femme n'est finalement pas présente au procès, en raison de problèmes de santé.
L’argent comme mobile
Simon Arthuis avait révélé à son compagnon, Mickaël C., alors âgé de 32 ans et domicilié à Montbéliard (Doubs), avoir amassé environ 200.000 euros en cryptomonnaies, dont des bitcoins.
L’amant et les autres protagonistes de l’affaire avaient connaissance de la petite fortune amassée par Simon Arthuis. Passionné d'informatique, il était parvenu à mettre au point un programme qui lui a permis au fil du temps de gagner d'importantes sommes d'argent, près de 200.000 euros, sous forme de cryptomonnaie, et notamment de bitcoins.
Peu avant l'assassinat, la compagne du frère jumeau du petit ami de la victime avait ouvert un compte bancaire Boursorama, laissant imaginer aux enquêteurs que le couple pourrait être l'instigateur des faits.
Le procès devant la cour d'assises va durer 11 jours. La famille de Simon Arthuis aura-t-elle la vérité ? Qui a porté les coups ? Qui était l’instigateur de cette mise à mort ? La victime a-t-elle été droguée, torturée ?
Lors de l'autopsie, il a été établi que Simon Arthuis avait enduré une vingtaine de coups couteau, du sternum jusqu'au visage, sans qu'aucun, de façon isolée, ne soit mortel. Il était sans doute encore vivant quand son corps a été jeté à l’eau.