Le 13 juin 2025, Bernadette Delmotte perdait accidentellement la vie alors qu'elle nettoyait sa voiture, asphyxiée par la fermeture de la vitre automatique. La famille et les proches de cette habitante de Bissy-sur-Fley (Saône-et-Loire) alertent sur les dangers du dispositif.
C'est un petit morceau d'histoire, niché le long de la côte chalonnaise. Un château qui domine toujours sa commune de Bissy-sur-Fley (Saône-et-Loire), six siècles après le début de sa construction, en perpétuant la mémoire de son illustre ex-propriétaire Pontus de Tyard. Et dont les environs accueillent, depuis l'été dernier, les cendres d'une autre habitante du village : Bernadette Delmotte, décédée accidentellement le 13 juin 2025.
Sa famille a choisi de répandre les cendres en pleine nature, près d'un chêne, parce que "Bissy-sur-Fley, c'était vraiment là que Bernadette était chez elle". Née au Congo, d'origine belge, cette ancienne coach et consultante en formation avait quitté Paris et acheté une maison dans la commune une dizaine d'années plus tôt. "Elle était véritablement tombée amoureuse de cet endroit", relate Béatrice, l'une de ses proches amies. "Elle s'engageait d'ailleurs beaucoup pour le village. Elle était amie avec tout le monde, la maire, les voisins..."
"C'était tellement mystérieux"
Ce sont ces derniers qui, les premiers, ont vent du drame. Inquiets de ne pas voir Bernadette arriver au repas auquel ils l'avaient invitée, ils l'appellent à plusieurs reprises - sans succès. Puis décident de se rendre à son domicile, où les attend une vision d'horreur : le corps inanimé de la sexagénaire, coincé par la fenêtre de sa Fiat 500 rouge.
"Au début, même les gendarmes étaient perdus", se souvient François Delmotte, le frère de la défunte. "Ils se sont vraiment demandé : 'mais qu'est-ce qui s'est passé ?' Moi non plus, je ne comprenais pas. Quand on m'a appelé pour me le dire, j'étais embrouillé, dans le déni. Sous le coup de l'émotion, je me suis dit toutes sortes de choses : que quelqu'un l'avait agressée, qu'elle s'était suicidée... et puis, petit à petit, j'ai compris."
"Quand on perd quelqu'un d'aussi proche, d'abord, on est incrédule. Ensuite, on réfléchit par rapport aux circonstances", explique quant à elle Béatrice. "C'était tellement mystérieux : on a pensé à beaucoup de choses, soit qu'elle avait fait un malaise cardiaque, soit que quelqu'un - un fou - était passé par là pour lui voler sa voiture et lui avait fait du mal. Mais jamais on n'aurait pu imaginer ce qu'il s'est vraiment passé."
Asphyxiée par la vitre de sa voiture
Une autopsie du corps est effectuée quelques jours plus tard. Elle exclut l'intervention d'un tiers et confirme la mort par asphyxie. Dans quelles circonstances, alors, Bernadette a-t-elle perdu la vie ? Peu à peu, l'enquête de gendarmerie établit les contours d'un dramatique accident survenu alors que la victime nettoyait sa voiture.
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"Il semble que le frein à main n'avait pas été actionné", indique Béatrice. "La voiture aurait alors commencé à reculer. Pour l'arrêter, Bernadette se serait jetée vers le levier par la fenêtre, qui était ouverte, pour l'empêcher d'aller plus loin. Mais sa main serait passée sur la commande de la vitre, et le temps qu'elle se redresse, la vitre s'est arrêtée sur son cou."
Le véhicule ne possédait-il pas de système de sécurité ? Ou bien en possédait-il un, qui s'est avéré défaillant ? Était-ce au propriétaire de l'activer et de le paramétrer ? Autant de questions qui taraudent les proches de la victime, et qui ont poussé son frère à adresser un courrier à Fiat, que nous avons pu consulter : "Je ne suis pas dans une démarche de réclamer réparation, car ça ne me rendra pas ma sœur. Je voudrais simplement enclencher une réflexion pour éviter d'autres drames."
Contacté, le constructeur nous a simplement précisé n'avoir "pas connaissance du dossier".