Jean Daux a été vigneron toute sa vie et s'occupe aujourd'hui de rénover un vieil abri que ses prédécesseurs ont occupé pendant plus de deux siècles. Une occasion pour ce retraité de 71 ans de conserver le patrimoine de la région bourguignonne.
Presque chaque jour depuis le mois de mai, Jean, 71 ans, emprunte le chemin qui le mène à sa cadole. Vigneron à la retraite, il possède 16 hectares de vignes autour de Rully, en Saône-et-Loire.
Il a récemment acheté une parcelle de Bouzeron - vin blanc- à quelques mètres du village. Un terrain cédé avec une cadole qui menaçait de s'effondrer.
Qu’est-ce qu’une cadole me direz-vous ? Il s’agit d’une ancienne cabane qui servait d'abri aux vignerons. Ils y trouvaient chaleur en hiver, fraîcheur en été et refuge contre les intempéries.
Autrefois, ces cadoles, toutes en pierres sèches, faisaient partie du paysage dans les villages viticoles de Bourgogne, principalement dans l’Yonne, en Côte-d’Or et en Saône-et-Loire, partout où il était nécessaire d’épierrer les sols pour y cultiver la vigne.
La construction en pierre sèche est un art délicat. Aucun mortier, mais des méthodes de constructions qui se transmettent de génération en génération. « J’aime les choses anciennes et je pense que ce n’est pas incompatible avec le modernisme, au contraire, insiste-t-il. Les cadoles, les murgers, font partie du patrimoine viticole et bourguignon. Je pense que c’est important de le conserver. »
A la force de ses mains et avec quelques outils rudimentaires, il reconstruit la maisonnette à l'identique de celle qui s'est tenue là pendant plus de 200 ans. « Je ne suis pas maçon, je n’ai pas de technique mais j’essaye de reconstruire comme les gens ont pu le faire il y a quelques siècles », explique-t-il.
Il faudra encore plusieurs jours à Jean pour faire le toit, et espérer que sa cadole tienne au moins aussi longtemps que celle de ses prédécesseurs.
Un reportage de Fanny Borius, Anthony Borlot, Carlos Zappalá.
Intervenant : Jean Daux, vigneron à la retraite