Sur la petite commune de Princé, à la frontière avec la Mayenne, en Ille-et-Vilaine, les voisins d'une exploitation laitière sont à bout. Ils dénoncent l'abandon des vaches et des faits de maltraitance depuis le mois d'octobre dernier. L'association L214 a déposé un recours contre l'Etat.
Depuis plusieurs semaines, sur la commune de Princé, dans le pays de Vitré, des habitants entendraient des cris d'animaux en détresse et sentiraient des odeurs désagréables provenant d'une ferme. Après avoir été alertée par le maire de la commune, la Préfecture d'Ille-et-Vilaine affirme avoir diligenté une inspection du site le 18 juin, ainsi que le 17 juillet, conduisant à la prise en charge des animaux blessés et affaiblis.
"Un élevage est contrôlé une fois tous les cent ans en moyenne"
C'est dans cette exploitation que l'association L214 a tourné la semaine dernière des images insoutenables, difficiles à regarder. On y voit des vaches dans un état sanitaire déplorable. Elles sont très amaigries, pataugeant dans leurs excréments, avec parfois des cadavres en décomposition au milieu du troupeau.
L214 annonce avoir déposé un recours contre l'Etat pour carences vétérinaires : "C'est un vrai problème en France. Les contrôles ne sont pas faits ou très peu. Il faut savoir que moins d'1% des élevages sont contrôlés chaque année, ce qui veut dire qu'un élevage est contrôlé une fois tous les cent ans en moyenne ! Et on le voit ici, dans cet élevage-là, quand il y a une inspection qui est diligentée dans un élevage, il n'y a pas de réaction à la hauteur des situations", commente Sébastien Arsac, porte-parole de L214.
L'exploitant a pour obligation de remettre en conformité ses pratiques. L214, de son côté, demande la fermeture de l'exploitation. Contacté, l'exploitant n'a pas souhaité répondre à nos questions.
Quant au maire de Princé, Jean-Claude Denouault, il tient à préciser que "c'est une exploitation qui a été reprise il y a un peu plus de six mois, par une personne seule, alors qu'avant ils étaient deux. Donc c'est une charge de travail vraiment conséquente pour un seul exploitant", conclut-il.
(Avec Antoine Calvez)
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