Féminicide d'Éléonore Places. "Elle est morte dans ses bras", le frère de l'accusé toujours traumatisé par cette nuit de violence

Le procès de Chryssler Hiro, accusé d'avoir tué sa compagne Éléonore Places en la poignardant de 11 coups de couteau, près de Saumur, s'est ouvert ce 15 décembre devant la cour d'assises d'Angers. Les proches de la victime et le frère de l'accusé ont pris la parole ce mardi.

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C'est un procès sous tension.

L'audience a débuté ce mardi matin avec les excuses de l'accusé Chryssler Hero. Ce lundi soir 15 décembre, le président du tribunal a dû l'expulser après qu'il s'est énervé et a tenu des propos grossiers et insultants. Le président du tribunal l'interrogeait sur ses violences contre Eleonore Places avant le drame et sur ses relations amoureuses avec la jeune femme.

Mais l'homme s'est agacé. " Vous m'avez ruiné ma vie", s'est-il emporté. C'est tout ce qu'il a pu dire sans ajouter aucun autre mot pour la jeune femme. Les proches d'Éléonore Places, eux, ont pris la parole pour évoquer leur fille. Avec en toile de fond cette question persistante : pourquoi avait-elle renoué avec un homme violent ?

Dernier-né d'une fratrie de quatre enfants, l'accusé a grandi à Tahiti, en Polynésie française. Subissant un père alcoolique et violent, il dit avoir été élevé par sa grand-mère.

11 coups de couteau

Il est accusé d'avoir poignardé à plusieurs reprises et tué sa compagne Eléonore Places mais nie toujours le meurtre de la jeune militaire de 27 ans.

Il porte notamment la faute sur son frère, présent au moment des faits. Pourtant, dans la description très détaillée de cette terrible nuit du 31 décembre 2021, tout pointe Cryssler Hyro.

La violence, c'est ce qui ressort de la personnalité de Chryssler Hero. Une violence dès l'adolescence que l'on retrouve dans sa vie professionnelle, à l'armée et en prison. Après plusieurs sanctions disciplinaires en détention, où il a alterné phases de calme, de grande détresse psychologique et de violences, il a été transféré en urgence au centre pénitentiaire de Nantes à l'été 2025 après l'agression d'un surveillant au Mans.

"Je suis violent", reconnaît-il, "mais je ne suis pas criminel", se justifie-t-il devant la cour.

Onze coups de couteau ont été portés à la victime. Des coups d'une extrême violence, au visage, dans les bras et dans le dos assénés "avec une très grande force", selon le médecin légiste. Une agression qui a traumatisé le frère de l'accusé, lui aussi a été attaqué cette nuit-là. Témoin de la scène, il est encore hanté aujourd'hui.

"Un moment douloureux"

"Il aura agi jusqu'aux dernières secondes d'Éléonore pour tenter de lui sauver la vie. Elle est morte dans ses bras, nous le savons", déclare Paul Hugot, l'avocat du frère de l'accusé

Elle lui a exprimé ses derniers mots. Et c'est sa main qui tenait la sienne lorsqu'elle est partie. C'est un moment douloureux

Paul Hugot

Avocat du frère de l'accusé

"Pour essayer de bousculer la table, en vain, l'accusé tente de se dédouaner, alors que, bien évidemment, chacun sait que mon client n'y est pour rien et que celui qui est dans le box est bien celui qui a commis ce meurtre", conclut l'avocat.

"Une position absurde"

"C'est quand même assez malheureux de voir qu'il reste sur cette espèce de position absolument absurde, aberrante. Après avoir reconnu les faits, expliqué de façon extrêmement précise comment les choses se sont passées, quelle était sa responsabilité…Il a changé au bout de plusieurs mois devant le juge d'instruction", déplore Cyril Braniste, avocat de la famille d'Éléonore Places.

Il tient un discours qui est complètement absurde, surréaliste, et surtout très navrant et désespérant pour la famille des victimes, à mon sens, parce qu'ils attendent, eux, une lueur d'humanité, et qu'ils n'ont pas trouvé à cette audience

Cyril Braniste

Avocat de la famille d'Éléonore Places

Elle voulait "aider les gens"

"Éléonore, elle, a toujours été déterminée à aider les gens. Comme cavalière, parce qu'elle a fait du cheval pendant plusieurs années, si elle tombait de cheval, elle faisait quoi ? Elle remontait tout de suite", témoigne son père.

Francis Places, le père d'Éléonore Places © France Télévisions

Avec cette personne-là, ça n'allait pas. Mais il fallait, quoi qu'il en coûte, qu'elle essaie, qu'elle réessaie de l'aider. Ça ne marche pas, mais c'est pas grave, on recommence, encore une fois

Père d'Eleonore Places

"Elle a été jusqu'à donner sa vie, en fait", souffle le père de la victime.

L'accusé sera réentendu dans la journée pour livrer sa version de la nuit du drame.

Avec Laurence Couvrand

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