Tandis que le président de la Région, Renaud Muselier, et le nouveau maire de Nice, Eric Ciotti, se rejettent la responsabilité de la perte des JO à Nice par courriers interposés, trois conseillers régionaux niçois ont décidé de quitter le groupe majoritaire pour exprimer leur mécontentement.
Depuis ce vendredi 29 mai et l'annonce d'un regroupement de toutes les épreuves de glace des JO d'hiver 2030 à Lyon, c'est à une compétition d'invectives que se livrent Renaud Muselier, président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur et Eric Ciotti, nouveau maire de Nice.
En réponse au premier, qui rend Eric Ciotti responsable des pertes financières d'un tel choix, le maire de Nice n'y va pas de main morte dans un courrier daté de ce samedi 30 mai :
Cette défaite est la vôtre. Elle est le résultat de vos choix, de votre entêtement et de votre incapacité à adapter votre position lorsque cela était encore possible
Eric Ciotti, maire de Nice (UDR)Courrier adressé à Renaud Muselier le 30 mai 2026
Eric Ciotti l'accuse de ne pas avoir envisagé d'autres solutions que celle d'utiliser le Grand stade de Nice pour y installer une patinoire provisoire, "malgré les propositions alternatives qui vous ont été soumises, malgré les expertises réalisées, malgré des scénarios crédibles".
Cette position dogmatique, incompréhensible et totalement déconnectée des réalités a conduit à l'impasse que nous connaissons aujourd'hui
Eric Ciotti, maire de Nice (UDR)Courrier adressé à Renaud Muselier le 30 mai 2026
Eric Ciotti estime "grotesque" le calcul des pertes financières avancées par Renaud Muselier : entre 800 millions d'euros et 1,1 milliard d'euros.
Cette démonstration est à peu près aussi crédible que la célèbre sardine qui aurait bouché le port de Marseille
Eric Ciotti, maire de Nice (UDR)Courrier adressé à Renaud Muselier le 30 mai 2026
Dans un courrier publié quelques heures plus tôt, Renaud Muselier faisait d'Eric Ciotti le seul responsable de ce fiasco.
Les épreuves de glace des Jeux Olympiques et paralympiques d'hiver 2030 ne quittent pas Nice par fatalité. Elles ne disparaissent ni par malchance, ni sous l'effet d'une décision imposée depuis Paris ou Lausanne. Elles quittent Nice parce qu'un choix politique a été fait : celui de refuser l'adaptation temporaire de l'Allianz Riviera pour accueillir le hockey olympique
Renaud Muselier, président de la Région Provence-Alpes-Côte-d'Azur
Ça n'est pas l'avis de trois conseillers régionaux azuréens, jusqu'à présent proches de Christian Estrosi, Roger Roux, Bruno Bettati et Colette Fabron, qui ont décidé de quitter le groupe majoritaire de la collectivité encore présidée par Renaud Muselier, et ne l'épargnent pas non plus.
Cette issue malheureuse n'est pas le fruit du hasard. Elle est la conséquence directe de choix que vous avez personnellement défendus avec obstination, malgré les alertes répétées de nombreux élus, acteurs sportifs et représentants du territoire
Roger Roux, Bruno Bettati, Colette Fabron, conseillers régionaux démissionnaires du groupe majoritaireCourrier adressé à Renaud Muselier
Ils l'accusent de s'être "entêté à promouvoir une solution reposant sur l'immobilisation de l'Allianz Riviera pendant plusieurs mois", condition rejetée par Eric Ciotti et qui a conduit le COJOP à annoncer le regroupement de toutes les épreuves de glace à Lyon.
Dénonçant la gouvernance de Renaud Muselier, ayant selon eux entraîné "cet échec majeur", ils quittent le groupe majoritaire "Notre Région d'Abord" mais continueront de siéger au sein de l'hémicycle.