Une semaine après leur forte mobilisation, les ambulanciers remontent au créneau avec une autre difficulté. Dans le Var, à cause de l’engorgement des urgences pendant l’été, ils sont parfois obligés d’attendre la prise en charge du patient plus d’une heure.
À l'hôpital Sainte-Musse de Toulon (Var), mais aussi à Fréjus ou Brignoles, le délai pour déposer un patient aux urgences s'allonge inexorablement, surtout l’été, selon les ambulanciers. Un professionnel en a encore fait l’expérience récemment. "On passe parfois une heure, deux heures, ça m'est même arrivé de rester plus de trois heures en attente aux urgences avec un patient dans la voiture".
L'ambulancier Julien Cianfarani en témoigne : "Même si on est climatisés, on essaie de mettre les patients dans une situation de confort et de les faire attendre le moins possible. Rester trois heures allongé dans un brancard, dans une voiture à l'arrêt, ça n'a rien d'agréable".
Les retards sont enregistrés
Le problème est si fréquent que le service de régulation d'une société d'ambulance consigne toutes les attentes de plus d'une heure aux urgences. "On fait des relèves tous les mois, ensuite on les saisit sur une feuille. Rien que cette semaine, on en a beaucoup, par exemple, j'ai 1h17, 2h22, 3h10," commente Sandrine Colombani, responsable du service de régulation.
15 minutes d'attente maximum, selon la convention nationale des transporteurs
Objectif : alerter l'Agence régionale de Santé. La règle est très claire dans la convention nationale des transporteurs sanitaires privés: en aucun cas l'équipage et le véhicule ne peuvent être immobilisés plus de 15 minutes.
"Dans le tarif, il y a une quote-part de prise en charge et de dépose de 15 minutes. Donc c'est prévu, c'est codifié comme ça, normalement, on a 15 minutes pour déposer le patient ou pour le prendre en charge. Aujourd'hui, quand on attend deux heures, ce n'est plus en adéquation et forcément, on perd de l'argent", démontre Johan Cabrita, secrétaire national adjoint de la Chambre nationale des services d'ambulances.
Dans l'agglomération toulonnaise, plusieurs sociétés d'ambulances ont déjà jeté l'éponge. Parmi les 28 entreprises, seules six font encore du transport d'urgence.