CARTE. Dermatose nodulaire : quelles sont les 9 communes du Jura où les bovins sont désormais sous surveillance ?

Neuf communes du sud du Jura ont été placées lundi 25 août en zone réglementée de surveillance en raison de leur proximité avec un nouveau foyer de dermatose nodulaire détecté dans un élevage de l'est de l'Ain, département voisin.

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"À 10 mètres près, vous n'êtes pas dans la zone réglementée" déplore cet agriculteur du Haut-Jura. Stéphane Gros est éleveur à Bellecombe, un village limitrophe avec l'Ain, perché à 1200 mètres d'altitude. Ses vaches laitières et ses génisses, un troupeau d'environ 150 bêtes n'est pas atteint de la dermatose nodulaire. Une maladie qui a commencé par toucher les bovins de Savoie et de Haute-Savoie fin juin 2025. 

Carte des zones réglementées suite à la dermatose nodulaire © Préfecture de Région Auvergne Rhône Alpes

Et, comme son troupeau est dans un périmètre de 50 kilomètres autour du nouveau foyer de la maladie, détecté le samedi 23 août dans un élevage à l'est de L'Ain, il va devoir respecter le nouvel arrêté préfectoral du Jura, pris le 25 août.

Stéphane Gros est l'un 33 élevages du Haut-Jura concerné par cette nouvelle zone réglementée de surveillance qui comprend neuf communes :  Bellecombe, Les Bouchoux, Choux, Les Moussières, La Pesse, Rogna, Viry, Vulvoz, Thoirette.

On sentait que cela repartait de l'autre côté sans que l'on ait la crainte. Aujourd'hui, cela change de direction.

Stéphane Gros, agriculteur à Bellecombe (Jura)

Comme ses collègues, il va devoir respecter l'arrêté signé par le préfet du Jura. Interviewé par notre journaliste Denis Colle, le directeur du groupement de défense sanitaire du Doubs, Cédric Chapuis, précise que cet arrêté va avoir des conséquences directes pour la trentaine d'élevages situés dans la zone réglementée. 

Faire partie de cette zone réglementée est une mesure de prévention pour enrayer cette maladie virale qui n'affecte que les humains. Elle se transmet par la piqûre d'insectes. Les bovins malades peuvent même en mourir.

En résumé, voici ce que doivent faire les éleveurs dans cette zone réglementée :

  • Surveillance renforcée du cheptel. Les éleveurs doivent examiner attentivement les bovins pour détecter d'éventuels nodules sous la peau ou de la fièvre. La chute de la lactation,l'anorexie sont aussi des signes. 
  • Aucun mouvement d'animaux dans cette zone. Ni entrée, ni sortie.
  • Vaccination gratuite d'urgence et obligatoire. 

Cette nouvelle réglementation a un réel impact pour les éleveurs. Surtout pour les agriculteurs qui ont choisi de travailler en bio. C'est le cas de Stéphane Gros dont le lait va à la coopérative locale pour être transformé en comté et en bleu de Gex. 

Des conséquences pour les élevages

L'éleveur de Bellecombe doit garder ses cinq veaux mâles, c'est l'une des conséquences de cette zone réglementée. D'habitude, Stéphane Gros les vend quand ils ont trois semaines. Mais, aucun animal ne peut plus sortir de la ferme.  Une source de revenu en moins et des dépenses en plus. En bio, les veaux doivent être nourris au lait de vache, précise un collègue et voisin de Stéphane Gros. 

On ne sait pas quand les veaux partiront. C'est l'inconnu.

Léon Gros, éléveur à Bellecombe

Cette incertitude est source d'inquiétude pour les éleveurs rencontrés par nos journalistes Norbert Evangelista et Laurent Brocard. "On souhaite que cela s'arrête là mais, on n'est à l'abri de rien" déplore Stéphane Gros. Les éleveurs de cette nouvelle zone réglementée ne savent pas quand leurs troupeaux seront vaccinés.

Une progression malgré la prévention

Actuellement, en cette fin du mois d'août, on dénombre 77 foyers avec au moins un animal malade. Près de 3000 bovins ont dû être abattus ces dernières semaines en France. Les autorités sanitaires et le ministère de l'Agriculture misent sur la vaste campagne de vaccination, l'abattage des bovins malades et l'arrêt des mouvements des bêtes pour enrayer rapidement la maladie. 

L’objectif de cette campagne vaccinale massive et rapide, en complément des mesures de dépeuplement et de la restriction des mouvements, est l’éradication complète et rapide de la maladie.

ministère de l'Agriculture

Plus de 70% des 310.000 bovins concernés ont été vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse, maladie virale qui a entraîné l'abattage des bovins en Savoie et Haute-Savoie. Au 22 août 2025, une quarantaine d'exploitations ont perdu près de 3 000 bovins dont 1500 vaches laitières, d'après Philippe Calloud, éleveur et porte-parole de la Confédération Paysanne en Savoie.

Ce vaccin, délivré gratuitement par l'État, sera administré par les vétérinaires du secteur. "En 2015-2017, assure Cédric Chapuis, directeur du groupement de défense sanitaire du Doubs, ce vaccin a été utilisé dans les Balkans et il a montré une très grande efficacité"

Après deux années de vaccination, les foyers de la maladie avaient complètement disparu. Deux ans, c'est long pour un éleveur. 

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