Affaire Grégory : la justice déclare prescrits les faits reprochés à la grand-tante Jacqueline Jacob

Nouveau coup de théâtre dans l’un des dossiers criminels les plus denses de l'histoire judiciaire française. Ce mercredi 15 juillet 2026, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon (Côte-d'Or) a déclaré prescrits les faits d’ "association de malfaiteurs" reprochés à Jacqueline Jacob, grand-tante de Grégory Villemin.

C’est un soulagement pour la défense, mais un énième coup dur pour l'accusation. Soupçonnée d'être l'un des "corbeaux" ayant harcelé les parents du petit Grégory (retrouvé mort dans la Vologne en octobre 1984), Jacqueline Jacob voit les poursuites engagées contre elle s’éteindre.

Réunie à huis clos, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon a tranché : "Les faits reprochés à Mme Jacob sont prescrits car ce sont des délits", a expliqué à l'AFP son avocat, Me Frédéric Berna.

Une mise en examen qui s'effondre

Jacqueline Jacob, aujourd'hui âgée de 81 ans, avait été mise en examen le 24 octobre 2025 pour "association de malfaiteurs". Les enquêteurs la soupçonnaient d'avoir joué un rôle actif dans l'envoi des lettres anonymes qui ont terrorisé la famille Villemin avant et après le drame, notamment la lettre revendiquant l'assassinat du garçonnet de 4 ans, le 16 octobre 1984.

Ses avocats avaient immédiatement contesté cette mise en examen en invoquant la prescription des faits. Une position qui avait d'ailleurs reçu un écho favorable de la part du ministère public, le procureur général ayant lui-même estimé lors des débats que le délai légal pour poursuivre ces délits était dépassé. En cas de décision défavorable, la défense avait déjà prévu de se pourvoir en cassation. Cette étape ne sera pas nécessaire.

Un énième coup d'arrêt après quatre décennies d'enquêtes

Cette annulation résonne comme un sérieux revers pour l'instruction, marquant la cinquième invalidation de procédure dans cette affaire hors norme. En 2017, Jacqueline Jacob et son époux Marcel (frère de la grand-mère de Grégory) avaient déjà été mis en examen pour "enlèvement et séquestration suivie de mort", avant que ces poursuites ne soient annulées un an plus tard pour un vice de forme.

Pour la défense de l'octogénaire, ce nouveau coup d'arrêt démontre l'impasse dans laquelle se trouve l'enquête. Avant l'audience du 27 mai 2026, Me Berna n'avait pas mâché ses mots, qualifiant l'affaire Grégory de "totalement irrécupérable".

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